Depuis le 2 mai, le Théâtre des Gémeaux parisiens accueille « Rosy et moi – 274 jours », un seul en scène inspiré de l’histoire vraie de Marine Barnérias. A travers le festival Sens et après de gros succès comme « Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty », « Vole, Eddy vole » ou « Le gros qui fume comme une cheminée en hiver », Elodie Menant se présente seule avec une mise en scène d’Eric Bu (qui a signé la mise en scène des « Frottements du cœur », récemment moliérisé).

Valentine a 21 ans. Elle se prépare pour un entretien d’embauche. Elle est pleine d’énergie mais un problème aux yeux la dérange depuis quelques jours. Le diagnostic tombe : elle est atteinte de sclérose en plaques. Pour résister à cette maladie, elle décide de tout quitter (son grand-père, ses parents, son travail) pour voyager au bout du monde, sans traitement…

« Rosy et moi » met en lumière une maladie peu évoquée dans l’art : la sclérose en plaques. Et pourtant, cette maladie touche 120 000 personnes en France, ne connaît pas de médicament pour l’éradiquer et peut progresser vers un handicap irréversible. Aussi, rendre visible cette maladie permet de mieux la connaître afin d’en avoir moins peur. Des personnages comme Valentine peuvent inspirer et donner de la force aux malades. Voir une jeune femme qui dépasse ses limites, se bat contre elle-même et ose vivre de belles choses malgré ses douleurs est admirable, d’autant plus quand on sait que la pièce est tirée d’une histoire vraie.

Il est doux de voir porter des messages positifs au théâtre. Ici, Valentine devient un modèle de détermination, de volonté et de courage. Mais elle n’est pas seule car, même loin, sa famille la porte par son amour inconditionnel. Son père nous touche particulièrement par sa maladresse dans l’expression de ses sentiments, sa mère par ses angoisses et son grand-père par sa bienveillance et son parler provençal. Chaque personnage réussit à vivre à travers l’interprétation d’Elodie Menant.

En effet, la comédienne interprète tous les rôles. Dans un seul en scène, tout compte : posture, accent, voix, gestuelle. L’utilisation pertinente du corps rend cela possible par des mimiques, des positions de bras, des regards. Cela demande une dextérité toute particulière qui s’amuse à rendre réels les divers personnages. Par ailleurs, Elodie Menant n’hésite pas à danser pour faire comprendre les émotions qui la traversent. Cela n’est pas sans nous rappeler la pièce bouleversante « Les Chatouilles » d’Andréa Bescond. La musique, quelques bruitages et la lumière appuient le propos. La fin du spectacle (que nous ne dévoilerons pas) nous a touchés par sa force émotionnelle.

 « Rosy et moi – 274 jours » est un seul en scène plein d’espoir et de courage, porté par une comédienne qui partage toute son émotion. Un beau voyage…

Audrey C.

De : Élodie Menant en collaboration avec Marine Barnérias et Caroline Monnier

Mise en scène : Éric Bu

OU ? Au théâtre des gémeaux parisiens pendant le festival Sens

QUAND ? Dimanche 10.05 ► 17h

Jeudi 28.05 ► 21h

Mercredi 03.06 ► 19h

DURÉE : 1h15

TARIFS : 28€

https://www.theatredesgemeauxparisiens.com/festival-sens

Recommended Articles