
Depuis le 15 avril, le théâtre du Châtelet accueille « Top Hat », l’adaptation musicale du film de 1935 avec Fred Astaire et Ginger Rogers. Cette nouvelle mise en scène (créée en juillet 2025) pose ses valises au Châtelet pour une période de trois semaines afin de ravir le plus grand nombre de spectateurs.
Jerry, star de l’art des claquettes, arrive à Londres pour y donner des représentations exceptionnelles. Alors qu’il répète dans sa chambre, Dale, un étage en-dessous de lui, tente de s’endormir. Elle monte se plaindre et c’est le coup de foudre. Or, très vite, quiproquos et rebondissements empêcheront leur amour…
Aller au théâtre du Châtelet pour assister à la représentation d’un classique de la comédie musicale américaine est toujours une expérience. Le public découvre ici l’œuvre jouée par une troupe de Broadway en version originale surtitrée. Et on en prend plein les yeux ! La troupe enchaîne chansons, chorégraphies, moments de comédie avec une aisance impressionnante. On se réjouit de voir les artistes se mouvoir sur scène dans de vraies danses de tap à couper le souffle. La dextérité et la rapidité des mouvements fait de la chorégraphie un des plus grands atouts de ce musical. Le premier acte en particulier regorge de diverses danses avec l’ensemble, ce qui apporte un rythme soutenu et qui charme les spectateurs. On se régale des moments représentant le spectacle de Jerry avec queues de pie et cannes, typiques de la tradition Broadway. La deuxième partie, plus narrative, se concentre davantage sur l’histoire et les malentendus entre les personnages.
Si le spectacle reprend les moments iconiques du film de 1935, on peut s’interroger sur le fait que Nicole-Lily Baisden, qui joue Dale, auparavant interprétée par Ginger Rogers, ne danse pas avec des claquettes. Serait-ce pour justement faire la différence entre le monde de Jerry qui est celui du spectacle et le sien qui est davantage celui des salons ? Toujours est-il que l’ensemble de la troupe excelle dans tous les arts et c’est un plaisir de voir des artistes aussi complets dans un show d’une telle qualité en France.
Le spectateur est ébloui également devant le talent des interprètes principaux comme secondaires. Notre coup de cœur va à Stuart Hickey en Horace et Emma Williams en Matge. Par leur spontanéité, leur autodérision et leur charisme, ils prennent véritablement la scène et s’accordent la sympathie du public. Le charme de Philip Attmore en Jerry nous transporte. L’humour et la classe de Nicole-Lily Baisden nous séduisent. On peut également saluer la puissance comique de James Clyde en Bates et de Alex Gibson-Giorgio en Alberto. Les artistes emportent le public avec eux dans cette histoire drôle par ses incongruités, proche des comédies de boulevard. C’est léger et ça pétille comme des bulles de champagne.
Autres points forts de ce spectacle : les décors et les costumes. La scène comporte un plateau tournant qui permet de faire évoluer les différents lieux de l’action. A chaque fois que le mouvement s’active, le spectateur découvre une nouvelle pièce : la chambre de Dale, la suite nuptiale, un salon dans l’hôtel, le bar… S’ajoutent à cela des éléments apportés par l’ensemble dans les chorégraphies afin d’agrémenter davantage le plateau. Le tout dans une magnifique structure art déco où l’on voit des projections permettant de situer la ville où se trouvent les personnages : Londres puis Venise. Les costumes sont majestueux. La sublime robe de Ginger Rogers dans le film est reprise directement pour la chanson « Cheek to Cheek ». Mais on peut parler de tous les autres costumes utilisés qui placent l’action dans leur époque et nous ravissent : combinaisons, robes, fourrures de scène, déshabillé… Il y en a pour tous les goûts. Associez cela aux lumières qui mettent parfaitement en valeur le plateau, que demander de plus ?
Le film ne comportait que cinq chansons. Grâce au format du musical, on nous gratifie de plus de morceaux piochés dans les nombreux titres écrits par Irving Berlin. Ainsi, si on retrouve évidemment l’iconique « Cheek to Cheek », « No Strings » ou « Top hat, white tie and tails », on se délecte de « I’m Putting All My Eggs in One Basket », « Outside of That, I Love You », « Let’s Face the Music and Dance » ou encore « Better Luck Next Time »… Par ailleurs, la présence de l’orchestre en fosse rend les titres encore plus beaux et le public s’en réjouit.
« Top Hat » est un bon moment de comédie musicale de Broadway qui ravira les amateurs du genre ou les novices par la qualité de la présentation et du casting. Laissez-vous séduire !
Audrey C.
Musique et paroles : Irving Berlin
D’après le film Top Hat (RKO Pictures)
Adapté pour la scène par : Matthew White et Howard Jacques
Mise en scène et chorégraphie : Kathleen Marshall
Décors : Peter McKintosh
Costumes : Yvonne Milnes et Peter McKintosh
Orchestration et arrangements : Chris Walker
Lumière : Tim Mitchell
Design sonore : Paul Groothuis
Supervision musicale : Gareth Valentine
Direction musicale : Luke Holman
Langue : anglais
Surtitrage textes parlés en français, chansons en français et anglais
Création des surtitres : Richard Neel
PREMIERS RÔLES
Jerry Travers : Philip Attmore
Dale Tremont : Nicole-Lily Baisden
Horace Hardwick : Stuart Hickey/Clive Carter
Madge Hardwick : Emma Williams
Bates : James Clyde
Alberto Beddini : Alex Gibson-Giorgio
ENSEMBLE/SECONDS RÔLES
Lindsay Atherton, Rhiannon Bacchus,
Freddie Clements, Pedro Donoso, Autumn
Draper, Tilly Ducker, Zak Edwards, Laura
Hills, Connor Hughes, David McIntosh,
Jordan Oliver, Emily Ann Potter, Molly Rees
Howe, Kirsty Sparks, Toyan Thomas-Browne
SWINGS
Bethan Downing, Maddie Harper, George
Lyons, Joe Press
ORCHESTRE
Chef d’orchestre associé et claviers
Matthew Spalding
Violon Jemima Clarke/Glesni Roberts
Violon, alto Elaine Ambridge/Kath Roberts
Trompette, cornet Paul Mitchell
Trompette, cornet William Smith
Trombone Andrew Watson
Piccolo, flûte, clarinette, saxophone alto
Simon Williams
Flûte, clarinette, saxophone alto et baryton
Jonathan Vaux
Clarinette basse, clarinette, saxophone ténor
Claire Shaw
Batterie, percussions Tom Williams
Contrebasse Matthew Hollick
OU ? Au théâtre du Châtelet
QUAND ? Du 15 avril au 3 mai 2026
DURÉE : 2h40 avec entracte
TARIFS : de 12€ à 119€