Depuis le 25 septembre, le Théâtre Michel accueille « Les Enfants du paradis », une pièce de Valérie Demay, qui raconte l’histoire de sa grand-mère, Gabrielle Demay (« Crapette »). Après un passage au Festival d’Avignon, Paris peut découvrir le récit méconnu de ces femmes qui ont participé au Débarquement de 1944.

1939, Jacqueline part pour être jeune fille au pair pendant trois mois à New York. Elle quitte Paris, ses parents et son fiancé dans l’espoir de vivre de nouvelles choses. Quand la guerre éclate, elle rencontre Florence Conrad qui la fait entrer dans une unité militaire (qui sera baptisée les Rochambelles) pour retourner en France en se battant…

A travers « Les Rochambelles », l’autrice rend hommage au parcours exceptionnel de ces femmes qui se sont entrainées pour porter secours aux blessés, qui ont bravé l’ennemi, qui ont tout donné pour la liberté. Ce régiment a combattu dans la division du Général Leclerc pendant le débarquement et était dédié au tri et au transfert des blessés par ambulances. Les deux premières femmes gradées sortirent de cette équipe. Et pourtant, le grand public connaît peu leur existence. En voulant mettre en lumière sa grand-mère, Valérie Demay permet de faire connaître ces femmes, grâce à des personnalités touchantes et résilientes, dont la seule volonté fut d’aller au bout de leurs convictions. La figure de Florence ressort tout particulièrement (avec celle de Suzanne) : elle osa créer une division de femmes, entrer dans ce monde d’hommes et les faire s’entrainer, elle n’abandonna jamais son objectif. Jacqueline nous touche par son évolution : de femme soumise, promise au mariage comme but ultime, qui ne veut pas travailler pour ne pas s’abimer les mains, elle devient forte, courageuse et se bat jusqu’au bout pour la liberté.

Autour d’elles, d’autres rôles plus secondaires les accompagnent avec chacune leur personnalité, portant en elles leur raison d’être là. Il aurait été intéressant d’approfondir la caractérisation de ces personnages afin de créer une plus grande identification du spectateur. Cependant, ce qui ressort est une grande sororité : les Rochambelles partagent tout, se confient, se soutiennent, même dans les moments difficiles. Les personnages masculins sont interprétés par deux comédiens qui donnent vie à des soldats, des généraux. Certains suivent ces femmes dès le début et s’attachent à elles, les protègent, les accompagnent.

La scénographie est judicieuse. Au plateau, une structure faite de trois compartiments amovibles donne du dynamisme à la mise en scène. On est à la fois sur un bateau, dans les ambulances, dans une chambre… Les lieux sont figurés par cette structure et cela fonctionne bien. Des jeux d’ombres et lumières s’ajoutent à cela. Les éclairages s’adaptent à l’action, de la nuit aux attaques en passant par le plein jour des entrainements. Les musiques jouent notamment comme un compte à rebours soulignant l’importance du moment vécu. Certains décors portent des dates, ce qui permet une narration comportant des retours en arrière dans le récit.

“Les Rochambelles” est un hommage à des femmes que l’Histoire a invisibilisées. Un juste retour des choses.

De Valérie Demay

Mise en scène : Merryl Beaudonnet et Charlotte Bigeard

Avec : Caroline Archambault ou Tadrina Hocking, Marie Benati, Damien Bellard, Merryl Beaudonnet, Déborah Chantob, Franck Gervais, Aurelia Poirier

Lumières : Denis Schlepp

Musique originale : Mathias Louis

Scénographie : Pierre Mengelle

Chorégraphie : Hakim Hachouche

OU ? Au Théâtre Michel

QUAND ? Du 25 septembre au 20 décembre 2026

DURÉE : 1h20

TARIFS : du 15€ à 44€

https://www.theatre-michel.fr/Spectacles/les-rochambelles/

Recommended Articles