
Depuis le 13 janvier, la piccola Scala accueille « Bob et moi », un spectacle de Jules Meary et Alexandre Virapin. Créée en 2017, cette pièce reste encore quelques jours à Paris afin de conquérir les retardataires.
Alexandre a dix ans. La vie lui semble difficile. Il regarde par la fenêtre avec des idées noires. Et puis, il est rattrapé par lui : Robert Nesta Marley dit Bob Marley. En écoutant sa musique, il découvre un homme dont la vie l’inspire et lui donne la force d’espérer vivre une bonne journée le lendemain.
« Bob et moi », c’est l’histoire d’une rencontre. Celle que l’on fait avec la musique, en l’occurrence ici le reggae, et qui va nous aider à traverser des passages douloureux de notre existence. A travers Bob Marley, Alexandre Virapin raconte la ténacité d’un jeune jamaïcain à qui la vie n’avait pas fait de cadeau mais qui va devenir une légende. Le public fredonne les différents morceaux lancés par Jules Meary, metteur en scène et co-auteur de la pièce. On tape des mains, on se remémore des souvenirs tout en se laissant porter par le portrait croisé de deux personnes aussi éloignées que Bob Marley et Alexandre… et pourtant ces deux destins vont se reconnaître.
Car c’est à l’intime que s’adresse la pièce, pas simplement aux faits biographiques. Evidemment, les spectateurs en apprennent davantage sur la naissance du reggae, l’émergence de Bob Marley dans un milieu qui ne l’attendait pas et les messages portés par ces morceaux. D’un autre côté, on découvre la puissance qu’un tel modèle peut donner à un adolescent qui a du mal à se situer dans une famille à laquelle il ne ressemble pas, qui se sent perdu dans un monde parfois trop cruel.
Grâce à une scénographie épurée qui laisse place au texte et à l’émotion, le public se retrouve transporté dans le récit, sans aucune difficulté. On peut saluer l’écriture de la pièce qui mêle humour, émotion, narration, interactions avec le spectateur… Tout est parfaitement pensé pour partager un message d’acceptation de soi, de recherche du positif. Et pourtant, on ne cache pas non plus certains travers de l’artiste que l’on aurait qualifié « d’homme à femmes » dans un autre temps.
Jules Meary et Alexandre Virapin jouent sur scène de leur complicité. Si Jules Meary ne dit pas un mot de tout le spectacle, sa présence complice et bienveillante accompagne le discours d’Alexandre Virapin qui donne tout dans son interprétation. On ressent l’importance du message qu’il veut faire passer, à quel point il cherche à mettre en lumière un artiste qu’il admire, devenu une star, et, en même temps, faire comprendre comment l’art peut agir de façon importante dans nos vies, dans notre construction. Cet enfant né blanc dans une famille métisse est-il si différent de ce jeune jamaïcain oublié par son père né dans les années 1940 ? La force de la musique ne dépasse-t-elle par les frontières, le temps, les modes ? Quels souvenirs reste-t-il de nous après notre passage sur Terre ? Et si c’était ça le but ultime de la vie : partager des émotions pour en faire vivre à d’autres ?
« Bob et moi » est une pièce touchante remplie de sincérité autour de l’histoire de Bob Marley, servie par un comédien émouvant. Un beau moment.
Audrey C.
Mise en scène : Mise en scène Jules Meary
Création lumière Benoît Brochard
Création sonore Marine Iger
Écriture Jules Meary et Alexandre Virapin
Avec : Alexandre Virapin
OU ? A la Piccola Scala
QUAND ? Du 13 janvier au 26 mai 2026
DUREE : 1h30
TARIFS : 30€