{"id":74,"date":"2024-12-16T23:49:43","date_gmt":"2024-12-16T22:49:43","guid":{"rendered":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/?p=74"},"modified":"2025-03-02T00:32:15","modified_gmt":"2025-03-01T23:32:15","slug":"belles-de-scene-au-theatre-des-gemeaux-parisiens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/2024\/12\/16\/belles-de-scene-au-theatre-des-gemeaux-parisiens\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Belles de sc\u00e8ne\u00a0\u00bb au Th\u00e9\u00e2tre des G\u00e9meaux Parisiens"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"682\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/bellesdescene-682x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-75\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/bellesdescene-682x1024.jpeg 682w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/bellesdescene-200x300.jpeg 200w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/bellesdescene-768x1152.jpeg 768w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/bellesdescene-1024x1536.jpeg 1024w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/bellesdescene.jpeg 1333w\" sizes=\"auto, (max-width: 682px) 100vw, 682px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Depuis le 4 d\u00e9cembre, le Th\u00e9\u00e2tre des G\u00e9meaux parisiens accueille \u00ab&nbsp;Belles de sc\u00e8ne&nbsp;\u00bb, la pi\u00e8ce qui brille depuis 2022 \u00e0 Avignon. Enfin, Paris peut d\u00e9couvrir ce petit bijou th\u00e9\u00e2tral.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Londres, 1661. Les th\u00e9\u00e2tres rouvrent apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de fermeture pour la r\u00e9volution puritaine. Edward Kynaston triomphe en Desdemone dans \u00ab&nbsp;Othello&nbsp;\u00bb. En ce temps, les femmes n\u2019\u00e9taient pas autoris\u00e9es \u00e0 jouer au th\u00e9\u00e2tre. Jusqu\u2019au jour o\u00f9, dans un th\u00e9\u00e2tre voisin, Maria, l\u2019habilleuse de Kynaston, reprend son r\u00f4le. Un bouleversement va avoir lieu\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019il est bon au th\u00e9\u00e2tre d\u2019apprendre des choses ! Avec \u00ab&nbsp;Belles de sc\u00e8ne&nbsp;\u00bb, on nous donne \u00e0 voir des faits historiques, \u00e9videmment romanc\u00e9s, afin de mettre en lumi\u00e8re des \u00e9l\u00e9ments que peu connaissent. Bien \u00e9videmment, on se souvient que, du temps de Shakespeare, les r\u00f4les de femmes \u00e9taient tenus par des hommes, comme le montre le tr\u00e8s r\u00e9ussi \u00ab&nbsp;Shakespeare in love&nbsp;\u00bb. Mais ici on peut donner un nom, un visage, une voix \u00e0 l\u2019un des derniers com\u00e9diens du genre. On comprend \u00e0 quel point ces artistes \u00e9taient conditionn\u00e9s \u00e0 jouer la f\u00e9minit\u00e9, en cherchant \u00e0 gommer pendant des ann\u00e9es toute forme de masculinit\u00e9 au profit du th\u00e9\u00e2tre. A cette \u00e9poque, il n\u2019est pas question de r\u00e9flexion sur le genre mais on s\u2019extasie devant le talent de ces hommes qui r\u00e9ussissent, avec autant de justesse, \u00e0 interpr\u00e9ter des r\u00f4les f\u00e9minins.&nbsp; Cette phrase de Kynaston disant qu\u2019il n\u2019y aurait aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 voir une femme jouer un r\u00f4le de femme, puisque le travail ne serait pas assez int\u00e9ressant, est particuli\u00e8rement frappante.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, on s\u2019aper\u00e7oit que la premi\u00e8re com\u00e9dienne ayant os\u00e9 monter sur sc\u00e8ne pour jouer un r\u00f4le f\u00e9minin a r\u00e9volutionn\u00e9 son \u00e9poque, au point de r\u00e9ussir, par l\u2019interm\u00e9diaire de la ma\u00eetresse du roi, \u00e0 faire interdire le jeu des femmes par les hommes. Ainsi, ce qui \u00e9tait naturel devient tout d\u2019un coup marginal, voire contre-nature ! On est choqu\u00e9 par la cabale que va subir ce cher Kynaston, autrefois tant admir\u00e9. On comprend alors que les pr\u00e9jug\u00e9s ne mettent pas longtemps \u00e0 na\u00eetre et que la violence monte bien plus vite qu\u2019on n\u2019aurait pu l\u2019imaginer. C\u2019est alors la vie enti\u00e8re de plusieurs com\u00e9diens qui s\u2019est retrouv\u00e9e boulevers\u00e9e en un clin d\u2019\u0153il, selon la seule bonne volont\u00e9 du roi !<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne permet de jouer entre ce qui se passe sur sc\u00e8ne et dans les coulisses avec l\u2019utilisation d\u2019un plateau sur le plateau et de la mont\u00e9e ou descente du rideau de d\u00e9cor. Ainsi, on entre au plus pr\u00e8s de ce que les com\u00e9diens et leurs \u00e9quipes laissent para\u00eetre ou cachent aux yeux de tous.<\/p>\n\n\n\n<p>On est \u00e9mu par la relation passionnelle mais peu assum\u00e9e entre Kynaston et le Duc. On admire la le\u00e7on de jeu que fait Kynaston \u00e0 Maria \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce. On se laisse s\u00e9duire lors de la sc\u00e8ne dans l\u2019auberge. On rit des frasques du roi et de sa ma\u00eetresse. On se r\u00e9volte des divers arrangements pour faire augmenter la recette.<\/p>\n\n\n\n<p>Les com\u00e9diens interpr\u00e8tent leur r\u00f4le avec beaucoup de justesse et on sent une v\u00e9ritable connivence entre les acteurs. Mention sp\u00e9ciale \u00e9videmment pour Vincent Heden (d\u00e9j\u00e0 impressionnant dans le sublime \u00ab&nbsp;Love Circus&nbsp;\u00bb) pour sa prestation tout en nuances et en fragilit\u00e9. Il nous pr\u00e9sente un Kynaston \u00e0 la fois fantasque et bouleversant.<\/p>\n\n\n\n<p>Les costumes et les lumi\u00e8res jouent \u00e9galement avec l\u2019aspect th\u00e9\u00e2tral de la situation. C\u2019est bien pens\u00e9, bien jou\u00e9, et on prend plaisir \u00e0 suivre ce r\u00e9cit jusqu\u2019au bout.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Belles de sc\u00e8ne&nbsp;\u00bb est une pi\u00e8ce touchante, pleine de v\u00e9rit\u00e9 et de tendresse. Une pi\u00e8ce qui fait r\u00e9fl\u00e9chir et qui \u00e9meut par sa justesse.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Audrey C.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De<\/strong> :&nbsp;Jeffrey HATCHER<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;MESDAMES \u00c0 VOUS DE JOUER !&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Adaptation<\/strong> :&nbsp;Agn\u00e8s Boury, Vincent Heden et St\u00e9phane Cottin<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mise en sc\u00e8ne et sc\u00e9nographie <\/strong>:&nbsp;St\u00e9phane Cottin<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avec<\/strong> :&nbsp;Patrick Chayrigu\u00e8s, St\u00e9phane Cottin, Emma Gamet, Vincent Heden, Sophie Tellier, Patrick Zard\u2019<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Musique<\/strong> :&nbsp;Cyril Giroux<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Costumes<\/strong> :&nbsp;Chouchane Abello Tcherpachian<br><strong>Lumi\u00e8re<\/strong> :&nbsp;Mo\u00efse Hill<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Assistante \u00e0 la mise en sc\u00e8ne<\/strong> :&nbsp;Victoire Berger Perrin<\/p>\n\n\n\n<p><strong>O\u00f9 ?<\/strong> Au Th\u00e9\u00e2tre des G\u00e9meaux parisiens<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quand ?<\/strong> Du 4.12.24 au 16.03.25<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tarifs<\/strong> : 19\u20ac<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dur\u00e9e<\/strong> : 1h30<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Chronique publi\u00e9e le 16.12.2024 sur La rue du bac<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis le 4 d\u00e9cembre, le Th\u00e9\u00e2tre des G\u00e9meaux parisiens accueille \u00ab&nbsp;Belles de sc\u00e8ne&nbsp;\u00bb, la pi\u00e8ce qui brille depuis 2022 \u00e0 Avignon. 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