{"id":561,"date":"2026-05-25T12:03:46","date_gmt":"2026-05-25T10:03:46","guid":{"rendered":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/?p=561"},"modified":"2026-05-25T12:03:47","modified_gmt":"2026-05-25T10:03:47","slug":"22-minutes-au-theatre-actuel-au-festival-davignon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/2026\/05\/25\/22-minutes-au-theatre-actuel-au-festival-davignon\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a022 minutes \u00bb au Th\u00e9\u00e2tre actuel au Festival d\u2019Avignon"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"798\" height=\"950\" src=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/22-minutes.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-563\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/22-minutes.jpeg 798w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/22-minutes-252x300.jpeg 252w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/22-minutes-768x914.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 798px) 100vw, 798px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Lors du Festival Sens, le Th\u00e9\u00e2tre des G\u00e9meaux parisiens a accueilli \u00ab&nbsp;22 minutes \u00bb, un seul en sc\u00e8ne de et par Benoit Sol\u00e8s, mis en sc\u00e8ne par Tigran Mekhitarian avant son passage au Festival d\u2019Avignon au mois de juillet. Apr\u00e8s \u00ab&nbsp;La Machine de Turing&nbsp;\u00bb qui vient de vivre sa derni\u00e8re repr\u00e9sentation au Th\u00e9\u00e2tre Michel d\u00e9but mai et apr\u00e8s son interpr\u00e9tation remarquable dans \u00ab&nbsp;Killer Joe&nbsp;\u00bb, l\u2019artiste retrouve la sc\u00e8ne pour un tout nouveau spectacle que nous ne pouvions pas manquer.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ali A\u011fca\u2026 Un nom qui \u00e9tait sur toutes les l\u00e8vres le 13 mai 1981 lorsque le terroriste a tent\u00e9 d\u2019assassiner Jean-Paul II. Un acte qui sera suivi d\u2019un emprisonnement et d\u2019une visite du Pape en prison pendant 22 minutes. Que s\u2019est-il dit pendant ces 22 minutes&nbsp;? Qu\u2019est-ce qui a pouss\u00e9 Ali A\u011fca \u00e0 agir ce jour-l\u00e0&nbsp;?&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette pi\u00e8ce donne la parole \u00e0 Ali A\u011fca sous les traits d\u2019un Benoit Sol\u00e8s au sommet de son art. Il transporte le public dans la vie de cet homme controvers\u00e9 afin de le faire comprendre, de lui donner vie, de le rendre r\u00e9el. Le r\u00e9cit ne se contente pas de nous raconter l\u2019\u00e9change entre l\u2019homme et le Pape. Il nous emm\u00e8ne en Turquie dans l\u2019enfance de cet homme, m\u00e9pris\u00e9 par son p\u00e8re (qui mourut jeune), en qu\u00eate de rep\u00e8res, d\u2019argent, d\u2019existence. Tr\u00e8s vite, il se retrouve embrigad\u00e9 par \u00ab&nbsp;les loups gris&nbsp;\u00bb, l\u2019extr\u00eame droite turque, qui le forment et lui apprennent la violence. Le spectateur assiste \u00e0 cette escalade vers une justice barbare vue comme une ascension pour Ali, aveugl\u00e9 par ses principes, par son envie d\u2019\u00eatre aux yeux des autres. C\u2019est le parcours d\u2019un homme qui a fait les mauvais choix, dict\u00e9s par une \u00e9ducation brutale, pauvre, o\u00f9 plus rien n\u2019a d\u2019importance que le fait d\u2019appartenir \u00e0 un groupe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Benoit Sol\u00e8s devient Ali A\u011fca dans son regard, ses gestes, sa froideur, sa folie. Il incarne le terroriste avec une telle v\u00e9rit\u00e9 que le spectateur se surprend \u00e0 lui trouver des excuses, \u00e0 voir une humanit\u00e9 poindre chez un homme qui a tu\u00e9 un journaliste de sang froid, coup\u00e9 la main d\u2019un autre et tent\u00e9 d\u2019assassiner le repr\u00e9sentant des catholiques pour ses convictions. A travers cette narration, le personnage laisse libre cours \u00e0 ses id\u00e9es, prend de l\u2019assurance, se montre d\u00e9termin\u00e9. En m\u00eame temps, on le d\u00e9couvre \u00e0 la fois manipulateur (changeant de version plusieurs fois au proc\u00e8s), inconscient (\u00e9crivant les paroles d\u2019une chanson sur les murs de sa prison), reconnaissant (se rendant sur la tombe du Pape apr\u00e8s sa mort)\u2026 Sans \u00eatre un parjure, cette pi\u00e8ce nous fait ressortir toutes les contradictions que peut vivre un homme face \u00e0 des choix d\u00e9cisifs, toute la perfidie d\u2019un syst\u00e8me qui pousse des jeunes \u00e0 agir pour des id\u00e9es, \u00e0 un \u00e2ge o\u00f9 ils se sont pas forc\u00e9ment pr\u00eats \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pi\u00e8ce met aussi en avant l\u2019importance du pardon gr\u00e2ce \u00e0 cette rencontre entre le Pape et Ali. Benoit Sol\u00e8s imagine l\u2019\u00e9change entre les deux hommes, incarnant les deux r\u00f4les \u00e0 la fois. A la f\u00e9brilit\u00e9 d\u2019Ali s\u2019oppose la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 de Jean Paul II dans un tableau d\u2019une fluidit\u00e9 parfaite o\u00f9 chacun prend la parole \u00e0 tour de r\u00f4le, partageant leurs points de vue sur la situation de l\u2019attentat, sur les conditions d\u2019incarc\u00e9ration, sur la peine re\u00e7ue par Ali. A la mani\u00e8re du spectateur qui se laisse \u00e9mouvoir par le personnage du terroriste malgr\u00e9 tous les actes horribles effectu\u00e9s, le Pape lui offre son pardon, allant jusqu\u2019\u00e0 demander la gr\u00e2ce pr\u00e9sidentielle pour lui. Cette force que le Pape a trouv\u00e9e en sa foi fait r\u00e9fl\u00e9chir le spectateur, d\u2019autant que l\u2019on entend la voix de Jean-Paul II lui-m\u00eame en parler en fran\u00e7ais dans le texte. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9criture de Benoit Sol\u00e8s, par les mots employ\u00e9s, par le fait de commencer par la fin pour cr\u00e9er un retour en arri\u00e8re, par la m\u00e9taphore biblique de la pierre, le public se retrouve en position de juge et s\u2019interroge sur ses propres actions, sur sa capacit\u00e9 au pardon. Cela pourrait presque faire \u00e9cho au texte \u00e9crit par Antoine Leiris aux lendemains des attentats du 13 novembre 2015 \u00ab&nbsp;Vous n\u2019aurez pas ma haine&nbsp;\u00bb. Ce spectacle offre un message de tol\u00e9rance et de v\u00e9ritable bienveillance dans un monde de plus en plus violent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mise en sc\u00e8ne de Tigran Mekhitarian est percutante. Peu de d\u00e9cors au plateau&nbsp;: un tapis repr\u00e9sentant la maison d\u2019enfance d\u2019Ali, une chaise. Benoit Sol\u00e8s change de vestes au fil du r\u00e9cit pour montrer l\u2019\u00e9volution du personnage. On peut saluer l\u2019utilisation de la lumi\u00e8re et la cr\u00e9ation sonore particuli\u00e8rement int\u00e9ressantes. En effet, les \u00e9clairages permettent par exemple de voir les ann\u00e9es d\u2019incarc\u00e9ration passer pour en symboliser la longueur. Les musiques accompagnent le texte de fa\u00e7on tout \u00e0 fait pertinente. De la m\u00eame mani\u00e8re, on entend plusieurs voix pour d\u2019une part donner vie \u00e0 d\u2019autres personnages et d\u2019autre part pour se rem\u00e9morer des phrases dites pr\u00e9c\u00e9demment et capitales dans le r\u00e9cit, car, si Benoit Sol\u00e8s interpr\u00e8te tous les personnages, ces voix lui apportent leur concours par moments pour leur donner encore plus de force.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00ab&nbsp;22 minutes \u00bb est une v\u00e9ritable r\u00e9ussite qui interpelle le spectateur en donnant la parole \u00e0 l\u2019un des hommes ayant marqu\u00e9 notre temps, interpr\u00e9t\u00e9 par un Benoit Sol\u00e8s magn\u00e9tique, dans une excellente mise en sc\u00e8ne. A voir absolument.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Audrey C.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De et par Benoit Sol\u00e8s<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tigran Mekhitarian &#8211; Mise en sc\u00e8ne<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sophie Nicollas &#8211; Collaboration artistique<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Anne Plantey &#8211; Collaboration artistique<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Marc Demais &#8211; Musique<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Denis Koransky &#8211; Lumi\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">OU ? Au Festival d\u2019Avignon au Th\u00e9\u00e2tre actuel<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">QUAND&nbsp; ? du 3 au 25 juillet<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">DUREE : 1h30<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tarifs : de 18\u20ac \u00e0 26\u20ac<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.festivaloffavignon.com\/spectacles\/8274-22-minutes\">https:\/\/www.festivaloffavignon.com\/spectacles\/8274-22-minutes<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors du Festival Sens, le Th\u00e9\u00e2tre des G\u00e9meaux parisiens a accueilli \u00ab&nbsp;22 minutes \u00bb, un seul en sc\u00e8ne de et par Benoit Sol\u00e8s, mis en sc\u00e8ne par Tigran Mekhitarian avant son passage au Festival d\u2019Avignon &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":563,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10,3],"tags":[],"class_list":["post-561","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-theatre-2026","category-theatre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/561","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=561"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/561\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":564,"href":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/561\/revisions\/564"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/563"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=561"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=561"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=561"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}