{"id":531,"date":"2026-04-21T09:04:55","date_gmt":"2026-04-21T07:04:55","guid":{"rendered":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/?p=531"},"modified":"2026-04-21T09:08:44","modified_gmt":"2026-04-21T07:08:44","slug":"93-a-la-folie-theatre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/2026\/04\/21\/93-a-la-folie-theatre\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a093 \u00bb A la folie Th\u00e9\u00e2tre"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"350\" height=\"494\" src=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/93.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-532\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/93.jpeg 350w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/93-213x300.jpeg 213w\" sizes=\"auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Depuis le 16 avril, \u00c0 la folie th\u00e9\u00e2tre accueille \u00ab\u00a093\u00a0\u00bb, une adaptation du roman \u00ab\u00a093\u00a0\u00bb de Victor Hugo par la Compagnie des Fouillons. Apr\u00e8s \u00ab\u00a0Roxane\u00a0\u00bb (une version de \u00ab\u00a0Cyrano de Bergerac\u00a0\u00bb) et \u00ab\u00a0Rencontre avec Snowden\u00a0\u00bb, la troupe pr\u00e9sente sa vision de l\u2019\u0153uvre de Victor Hugo et partira au festival d&#8217;Avignon cet \u00e9t\u00e9 pour jouer ses deux derni\u00e8res cr\u00e9ations.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>20 octobre 2093. Sous la XIIIe R\u00e9publique, la guerre civile est aux portes de la Bretagne par la main de Lantenac qui appartient au camp des Bleus, les conservateurs d\u2019un r\u00e9gime que refusent les Rouges, avec \u00e0 leur t\u00eate Robespierre. Cimourdain et Gauvain partent \u00e9craser les derniers R\u00e9publicains\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Transposer une \u0153uvre telle que \u00ab\u00a093\u00a0\u00bb est un pari audacieux, qui plus est quand c\u2019est fait de mani\u00e8re dystopique. Afin de montrer les m\u00e9canismes des r\u00e9volutions, Sylvain Bastonero, qui en signe la mise en sc\u00e8ne et l\u2019adaptation, nous plonge dans le m\u00e9canisme m\u00eame de celles-ci. Un monde o\u00f9 les id\u00e9aux s\u2019opposent \u00e0 la mani\u00e8re des couleurs choisies pour repr\u00e9senter les deux clans. Le spectateur est pris \u00e0 parti d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en salle o\u00f9 des militaires arm\u00e9s sont post\u00e9s de part et d\u2019autre du public. Ainsi, le malaise s\u2019instaure et reste pr\u00e9sent tout au long de la pi\u00e8ce par l\u2019utilisation de la p\u00e9nombre, du clair obscur, des n\u00e9ons (pour la cage et la guillotine) des actions militaires port\u00e9es par surprise, des jeux sonores. On est plong\u00e9 physiquement dans cette R\u00e9volution par la sc\u00e9nographie immersive r\u00e9ussie de Julie Rouxel avec une structure grise tr\u00e8s froide qui sert parfois d\u2019\u00e9cran et qui ajoute \u00e0 cette sensation d\u2019inqui\u00e9tude. Les costumes s\u2019inscrivent \u00e9galement dans cette id\u00e9e\u00a0: \u00e0 la fois futuristes par leurs formes g\u00e9om\u00e9triques (jusque dans la lentille port\u00e9e par Cimourdain) et empreints des codes d\u2019aujourd\u2019hui (comme le baggy), ils donnent aux personnages la posture n\u00e9cessaire \u00e0 des guerriers.<\/p>\n\n\n\n<p>Les musiques d\u2019Alexis Tran (qui interpr\u00e8te Cimourdain) accompagnent la tension de la narration, un peu comme dans un film d\u2019action. Les bruitages de tirs ou d\u2019explosion sont pr\u00e9enregistr\u00e9s, ce qui permet de les att\u00e9nuer et de moins effrayer le spectateur. On reste surpris par les bruits sans qu\u2019ils soient trop agressifs, ce qui apporterait plus de g\u00eane, comme c\u2019est parfois le cas dans certains spectacles. Par ailleurs, on ne peut pas oublier de mentionner l\u2019IA Eva qui diffuse partout les d\u00e9cisions de Robespierre. Repr\u00e9sent\u00e9e comme une femme en noir et blanc, sans yeux, aux contours qui se pix\u00e9lisent, elle semble symboliser une justice aveugle, gla\u00e7ante, qui envoie ses drones et toute sa technologie partout, comme si on ne pouvait pas y \u00e9chapper. \u00ab&nbsp;Big Eva is watching you\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;93&nbsp;\u00bb nous pr\u00e9sente un monde qui se veut manich\u00e9en et qui pourtant est tout autre. En effet, ici, il n\u2019y a pas vraiment de bon c\u00f4t\u00e9, de bon choix. Chaque camp tue au nom de SA v\u00e9rit\u00e9. L\u00e0 o\u00f9 certains semblent plus pr\u00e8s d\u2019une id\u00e9ologie juste, des actions inverseront ce sentiment. On pense notamment au vol du b\u00e9b\u00e9 que les Rouges avaient adopt\u00e9 comme \u00e9tant un des leurs. C\u2019est ce b\u00e9b\u00e9 qui mettra pourtant Lantenac en danger, dans un sursaut d\u2019humanit\u00e9. Cimourdain, \u00e0 l\u2019image de Robespierre, repr\u00e9sente une r\u00e9volution impartiale, radicale. Gauvain, de son c\u00f4t\u00e9, se veut plus juste, plus humaine. Et pourtant, les deux tuent et s\u2019opposent au clan de Lantenac.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme dans chacune de ses mises en sc\u00e8ne, Sylvain Bastonero s\u2019amuse \u00e0 f\u00e9miniser des r\u00f4les masculins. Robespierre et Gauvain sont donc des femmes ici, ce qui est tr\u00e8s pertinent car on repr\u00e9sente souvent la femme comme plus douce que l\u2019homme. Pourtant, ici, les deux femmes figurent les deux visions de la justice. La rigidit\u00e9 de Robespierre est visible par sa posture tr\u00e8s droite, cette main toujours lev\u00e9e sur le c\u00f4t\u00e9 qui lui apporte un certain charisme. Gauvain, quant \u00e0 elle, se montre plus active, davantage dans l\u2019action. Aussi d\u00e9termin\u00e9es l\u2019une que l\u2019autre, elles incarnent physiquement et id\u00e9ologiquement leurs pens\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Les com\u00e9diens interpr\u00e8tent un ou plusieurs r\u00f4les. On retrouve \u00e9videmment Alexis Tran qui excellait dans \u00ab&nbsp;Rencontre avec Snowden&nbsp;\u00bb et qui se montre plus inqui\u00e9tant en Cimourdain. Samuel Hucault prend l\u2019espace en Lantenac par son regard et sa gestuelle. Comme dit pr\u00e9c\u00e9demment, Clara Jauvart-Lacoste et Orianne Dumeny incarnent leurs personnages avec beaucoup de v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le public d\u00e9couvre les difficult\u00e9s inh\u00e9rentes \u00e0 la prise de pouvoir : faut-il suivre ses id\u00e9es ou \u00e9couter son c\u0153ur ? Nos id\u00e9aux ne peuvent-ils pas \u00e9voluer en fonction de la situation&nbsp;? Doit-on se montrer intraitable parce que cela envoie un message fort ou une certaine flexibilit\u00e9 est-elle possible&nbsp;? Le fait que Lantenac soit l\u2019oncle de Gauvain est particuli\u00e8rement int\u00e9ressant car cela ajoute un enjeu familial \u00e0 l\u2019intrigue. Restons-nous fid\u00e8les aux pens\u00e9es de ceux qui nous ont \u00e9lev\u00e9s&nbsp;? Ne faut-il pas s\u2019en affranchir pour vivre libres&nbsp;? Les liens du sang ne sont-ils pas plus forts que les convictions&nbsp;? La fin, que nous tairons ici, ne laisse pas beaucoup de place \u00e0 l\u2019espoir. Que peut-il advenir d\u2019un tel monde&nbsp;? La R\u00e9volution rendra-t-elle le monde meilleur&nbsp;? Lui redonnera-t-elle toutes ses couleurs&nbsp;? La technologie \u00e0 outrance offre-t-elle des solutions pour am\u00e9liorer la vie des citoyens&nbsp;? Faut-il faire couler autant de sang pour cr\u00e9er un nouvel \u00e9quilibre&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;93&nbsp;\u00bb est une vision audacieuse du chef d\u2019\u0153uvre de Victor Hugo. Elle lui apporte une vision futuriste et en m\u00eame temps tr\u00e8s moderne qui permet de s\u2019interroger sur le monde actuel. Cela montre que l\u2019on peut faire du th\u00e9\u00e2tre exigeant mais intelligent.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Audrey C<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s Victor Hugo<\/p>\n\n\n\n<p>Mise en sc\u00e8ne : Sylvain Bastonero<\/p>\n\n\n\n<p>Avec : Tha\u00efs Laurent, Charlotte Orsini, Alexis Tran, Samuel Hucault, Orianne Dumeny, Cl\u00e9ment Pronost, Clara Jauvart-Lacoste, Celya Humann<\/p>\n\n\n\n<p>Costumes : Lucie Melain et Lylou Jacquet<\/p>\n\n\n\n<p>Cr\u00e9ation lumi\u00e8re : Ylan Thanos<\/p>\n\n\n\n<p>Sc\u00e9nographie : Julie Rouxel<\/p>\n\n\n\n<p>Musique : Alexis Tran<\/p>\n\n\n\n<p><strong>OU ? <\/strong>A la folie th\u00e9\u00e2tre<\/p>\n\n\n\n<p><strong>QUAND ? <\/strong>Du 16 avril au 20 juin 2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>DUREE : <\/strong>75 minutes<\/p>\n\n\n\n<p><strong>TARIFS : <\/strong>de 10\u20ac \u00e0 26\u20ac<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.folietheatre.com\/?page=Spectacle&amp;spectacle=484\">https:\/\/www.folietheatre.com\/?page=Spectacle&amp;spectacle=484<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis le 16 avril, \u00c0 la folie th\u00e9\u00e2tre accueille \u00ab\u00a093\u00a0\u00bb, une adaptation du roman \u00ab\u00a093\u00a0\u00bb de Victor Hugo par la Compagnie des Fouillons. 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