{"id":498,"date":"2026-03-11T17:36:31","date_gmt":"2026-03-11T16:36:31","guid":{"rendered":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/?p=498"},"modified":"2026-03-11T17:36:31","modified_gmt":"2026-03-11T16:36:31","slug":"vous-parler-de-mon-fils-au-theatre-14","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/2026\/03\/11\/vous-parler-de-mon-fils-au-theatre-14\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Vous parler de mon fils\u00a0\u00bb au Th\u00e9\u00e2tre 14"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"717\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Vous-parler-de-mon-fils-717x1024.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-499\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Vous-parler-de-mon-fils-717x1024.webp 717w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Vous-parler-de-mon-fils-210x300.webp 210w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Vous-parler-de-mon-fils.webp 756w\" sizes=\"auto, (max-width: 717px) 100vw, 717px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Depuis le 3 mars, le Th\u00e9\u00e2tre 14 accueille \u00ab&nbsp;Vous parler de mon fils&nbsp;\u00bb, l\u2019adaptation du roman de Philippe Besson de et par Mathieu Touz\u00e9. Apr\u00e8s avoir mis en sc\u00e8ne en 2016 \u00ab&nbsp;Un gar\u00e7on d\u2019Italie&nbsp;\u00bb (jou\u00e9 actuellement avant \u00ab&nbsp;Vous parler de mon fils&nbsp;\u00bb au th\u00e9\u00e2tre 14), l\u2019artiste nous d\u00e9voile un texte plus intime, comme une confession face au public.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un p\u00e8re, une m\u00e8re et leur fils Enzo se r\u00e9veillent apr\u00e8s une mauvaise nuit. Ils se pr\u00e9parent doucement pour la marche en m\u00e9moire de leur fils a\u00een\u00e9, Hugo, qui s\u2019est donn\u00e9 la mort suite \u00e0 une vague de harc\u00e8lement scolaire dans son coll\u00e8ge. Au fil de ses confidences, le p\u00e8re revient sur les derniers jours de Hugo, sur ce qu\u2019il n\u2019a pas vu, mais aussi sur les premiers moments sans lui\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Un fauteuil, une table avec des fleurs et quatre chaises autour, devant des voilages et un pied de micro. C\u2019est minimaliste mais il n\u2019en faut pas plus pour cette mise en voix du texte de Philippe Besson. Le spectateur est l\u00e0 pour ressentir plut\u00f4t que pour voir. Mathieu Touz\u00e9 se pr\u00e9sente, immobile, et, dans un monologue poignant, partage ses souvenirs, ses questionnements, ses r\u00e9flexions. Par des mots justes, simples, vrais, une \u00e9motion sinc\u00e8re et sans exag\u00e9ration, il fait vivre ce p\u00e8re d\u00e9sorient\u00e9, boulevers\u00e9 par l\u2019inacceptable. Il se rem\u00e9more les signes qu\u2019il n\u2019a pas su voir, il d\u00e9voile ce qu\u2019il n\u2019a appris que trop tard, il explique comment on continue \u00e0 vivre apr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce texte met en lumi\u00e8re les m\u00e9canismes du harc\u00e8lement. D\u2019un simple pull port\u00e9 \u00e0 la couleur un peu trop rose pour un coll\u00e9gien, commencent les premi\u00e8res moqueries qui peu \u00e0 peu se r\u00e9p\u00e8tent, s\u2019amplifient, se d\u00e9veloppent jusqu\u2019\u00e0 devenir aussi habituelles qu\u2019intol\u00e9rables. On d\u00e9couvre comment, par peur des repr\u00e9sailles, par peur de d\u00e9ranger ou d\u2019inqui\u00e9ter, un enfant s\u2019enferme dans un silence si profond que rien ne peut l\u2019arr\u00eater, qu\u2019aucune solution ne semble possible. Quand sa m\u00e8re s\u2019interroge sur la baisse des r\u00e9sultats scolaires de son fils, sur des blessures r\u00e9guli\u00e8res qui pars\u00e8ment son corps, Hugo se tait, plaisante, feint l\u2019indiff\u00e9rence jusqu\u2019\u00e0 ce que ce ne soit plus supportable. Le spectateur est plong\u00e9 dans le quotidien de cette famille qui lutte pour survivre et qui analyse les diverses situations qui auraient d\u00fb \u00eatre des alertes. Comment accepter l\u2019intol\u00e9rable ? Comment vivre avec la culpabilit\u00e9 ? Comment retrouver de l\u2019espoir ? Comment grandir avec un fr\u00e8re, un fils absent ? Que faire ? Que dire pour continuer \u00e0 vivre ? Tant de questions qui prennent le spectateur de pleine face par la puissance de l\u2019interpr\u00e9tation de Mathieu Touz\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il interroge directement l\u2019humain. Car en effet, le texte insiste \u00e0 la fois sur le harc\u00e8lement et son fonctionnement mais aussi sur l\u2019homophobie ordinaire, les pr\u00e9jug\u00e9s inscrits en chacun, sans s\u2019en rendre vraiment compte : voir, par exemple, un signe d\u2019homosexualit\u00e9 en des comportements dits f\u00e9minins chez un gar\u00e7on \u2026 Etre diff\u00e9rent inqui\u00e8te, d\u2019autant plus \u00e0 un \u00e2ge o\u00f9 on apprend \u00e0 se construire, \u00e0 devenir soi-m\u00eame. L\u2019adolescence est un cap particuli\u00e8rement difficile pour cela et, pourtant, savoir pr\u00e9venir, \u00e9couter, comprendre n\u2019est pas chose ais\u00e9e. L\u00e0 o\u00f9 l\u2019on bl\u00e2me r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019\u00e9cole de ne pas faire assez ou parfois d\u2019\u00eatre trop ouverte, on se pose rarement la question de la faisabilit\u00e9 des choses. Comment arr\u00eater une cabale alors que c\u2019est une soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8re qui est en souffrance et qui doit \u00e9voluer&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne est \u00e9pur\u00e9e mais marque tout de m\u00eame par des moments puissants. En effet, la lev\u00e9e des voilages se fait lorsque le harc\u00e8lement est compris par les parents. De m\u00eame, la lumi\u00e8re se fait plus pr\u00e9sente sur le plateau comme pour mimer la parole qui se lib\u00e8re, comme pour \u00e9clairer celui qui n\u2019a pas su le faire lui-m\u00eame. L\u2019utilisation de l\u2019\u00e9cran est fait \u00e9galement \u00e0 bon escient. Tout est pens\u00e9 pour donner du sens au texte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Vous parler de mon fils&nbsp;\u00bb est une pi\u00e8ce poignante et engag\u00e9e servie par un com\u00e9dien bouleversant. A l\u2019heure o\u00f9 la lutte contre le harc\u00e8lement est une priorit\u00e9 de l\u2019Etat, il est n\u00e9cessaire de voir de telles \u0153uvres, surtout quand le texte est aussi bien \u00e9crit et dit. On en ressort forc\u00e9ment diff\u00e9rent.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Audrey C. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Texte&nbsp;: Philippe Besson<\/p>\n\n\n\n<p>Mise en sc\u00e8ne et adaptation&nbsp;: Mathieu Touz\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Avec&nbsp;: Mathieu Touz\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p><strong>OU ? <\/strong>Au Th\u00e9\u00e2tre 14<\/p>\n\n\n\n<p><strong>QUAND ? <\/strong>Du 3 au 29 mars 2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>DUR\u00c9E&nbsp;: <\/strong>1H15<\/p>\n\n\n\n<p><strong>TARIFS : <\/strong>de 10\u20ac \u00e0 27\u20ac<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatre14.fr\/programmation-25-26\/vous-parler-de-mon-fils\">https:\/\/www.theatre14.fr\/programmation-25-26\/vous-parler-de-mon-fils<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis le 3 mars, le Th\u00e9\u00e2tre 14 accueille \u00ab&nbsp;Vous parler de mon fils&nbsp;\u00bb, l\u2019adaptation du roman de Philippe Besson de et par Mathieu Touz\u00e9. 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