{"id":465,"date":"2026-02-21T09:29:33","date_gmt":"2026-02-21T08:29:33","guid":{"rendered":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/?p=465"},"modified":"2026-02-21T19:15:11","modified_gmt":"2026-02-21T18:15:11","slug":"cyrano-rever-rire-passer-a-la-pepiniere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/2026\/02\/21\/cyrano-rever-rire-passer-a-la-pepiniere\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Cyrano \u2013 R\u00eaver, rire, passer \u00bb \u00e0 la P\u00e9pini\u00e8re"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"672\" height=\"1007\" src=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rever-rire.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-466\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rever-rire.jpeg 672w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rever-rire-200x300.jpeg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 672px) 100vw, 672px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Depuis le 29 janvier, la P\u00e9pini\u00e8re accueille \u00ab&nbsp;Cyrano \u2013 R\u00eaver, <strong>rire,<\/strong> passer \u00bb, un voyage \u00e0 travers le texte de \u00ab&nbsp;Cyrano de Bergerac&nbsp;\u00bb d\u2019Edmond Rostand avec Jacques Weber et Jos\u00e9-Antonio Pereira. Jacques Weber a interpr\u00e9t\u00e9 le r\u00f4le pour la premi\u00e8re fois en 1983, alors \u00e2g\u00e9 de 34 ans. Il le joua plus de 500 fois, mais il a donn\u00e9 \u00e9galement vie au r\u00f4le de De Guiche dans le film de Rappeneau en 1990.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le rideau s\u2019ouvre sur un banc, un \u00e9cran en fond repr\u00e9sentant un arbre, deux pigeons sont pos\u00e9s \u00e0 divers endroits du plateau. Jacques Weber et Jos\u00e9-Antonio Pereira revisitent ensemble le texte de \u00ab&nbsp;Cyrano de Bergerac&nbsp;\u00bb, le m\u00ealant \u00e0 des anecdotes et des r\u00e9flexions du com\u00e9dien\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pi\u00e8ce n\u2019est pas une \u00e9ni\u00e8me version de l\u2019\u0153uvre d\u2019Edmond Rostand. Il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019un cri d\u2019amour pour son texte, avec ses forces et ses faiblesses, par un homme qui a, au fil du temps, r\u00e9fl\u00e9chi sur son personnage charismatique. Jacques Weber m\u00eale les sc\u00e8nes les plus embl\u00e9matiques \u00e0 des remarques qu\u2019il fait ou qu\u2019il a pu faire en l\u2019interpr\u00e9tant et fort de son exp\u00e9rience de com\u00e9dien. Si les actes sont respect\u00e9s par les deux protagonistes avec un changement de la projection en fond de sc\u00e8ne et l\u2019\u00e9criture des didascalies de pr\u00e9sentation du lieu de l\u2019acte, le texte n\u2019est pas enti\u00e8rement jou\u00e9 dans son ordre chronologique. La pi\u00e8ce commence d\u2019ailleurs par la r\u00e9plique finale. Certains passages sont plac\u00e9s \u00e0 des endroits diff\u00e9rents, voire dits en plusieurs temps comme la fameuse tirade du nez. Jacques Weber incarne Cyrano ou De Guiche, prenant parfois \u00e9galement les r\u00e9pliques de Roxane comme des prolongements de celles de Cyrano, sans forc\u00e9ment changer de ton, de fa\u00e7on \u00e0 l\u2019inclure enti\u00e8rement dans les \u00e9motions du personnage au grand nez. Jos\u00e9-Antonio Pereira se pr\u00e9sente un peu comme un confident de Jacques Weber, \u00e0 la mani\u00e8re de Le Bret pour Cyrano, mais il montre aussi l\u2019\u00e9tendue de son talent en interpr\u00e9tant diff\u00e9rents personnages, comme son irr\u00e9sistible du\u00e8gne ou Valvert.<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce est une ode aux mots et une r\u00e9flexion sur l\u2019une des \u0153uvres les plus jou\u00e9es du r\u00e9pertoire. En effet, il s\u2019agit de se laisser porter par la po\u00e9sie de la langue d\u2019Edmond Rostand presque de fa\u00e7on analytique. Cela demande une bonne connaissance du texte pour bien en saisir toute l\u2019essence. Jacques Weber nous prouve ainsi son amour pour l\u2019\u00e9criture de certains passages, tout en pointant la force du vers, comme lors de la sc\u00e8ne du duel par exemple. On voit ainsi les mots chanter et s\u2019envoler \u00e0 travers sa diction parfaite qui met en valeur la beaut\u00e9 des mots. Il se montre \u00e9galement critique face \u00e0 un personnage dont on glorifie r\u00e9guli\u00e8rement les valeurs mais qui passe son temps \u00e0 mentir \u00e0 celle qu\u2019il aime (comme Pinocchio dont le nez s\u2019allonge au fur et \u00e0 mesure des mensonges) par peur de d\u00e9plaire. Il met en valeur, sans la d\u00e9pr\u00e9cier, le caract\u00e8re massif de la c\u00e9l\u00e8bre tirade du nez \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un acte d\u00e9j\u00e0 bien dense. Sa r\u00e9flexion sur l\u2019amour propre est particuli\u00e8rement pertinente. Il nous gratifie \u00e9galement de quelques remarques d\u2019acteur sur les r\u00e9actions du public dans les repr\u00e9sentations, public capable parfois de finir les vers par c\u0153ur avant le com\u00e9dien, chose rare au th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n\n\n\n<p>A travers cette pi\u00e8ce, le spectateur se voit proposer des ponts avec d\u2019autres personnages incarn\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment par Jacques Weber comme \u00ab\u00a0Le Roi Lear\u00a0\u00bb de William Shakespeare ou Alceste dans \u00ab\u00a0Le Misanthrope\u00a0\u00bb de Moli\u00e8re. On s\u2019aper\u00e7oit que ceux-ci ne sont pas si loin du personnage d\u2019Edmond Rostand pour leur d\u00e9termination \u00e0 la libert\u00e9. \u00a0Le recours au po\u00e8me \u00ab\u00a0Le Dormeur du val\u00a0\u00bb d\u2019Arthur Rimbaud \u00e0 la mort de Christian est d\u00e9chirante et r\u00e9v\u00e8le, s\u2019il en est besoin, la puissance de ces vers. Mais cela ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0 puisque des chansons sont \u00e9galement utilis\u00e9es pour servir l\u2019histoire\u00a0: \u00ab\u00a0Paroles paroles\u00a0\u00bb d\u2019Alain Delon et Dalida, reprise avec joie par les deux com\u00e9diens, et \u00ab\u00a0Dis quand reviendras-tu\u00a0?\u00a0\u00bb o\u00f9 la voix de Barbara nous d\u00e9chire \u00e0 l\u2019heure du si\u00e8ge d\u2019Arras. Ces liens permettent une ouverture culturelle tout \u00e0 fait int\u00e9ressante et apportent \u00e9galement une tension dramatique. C\u2019est bien pens\u00e9, c\u2019est pertinent et c\u2019est beau.<\/p>\n\n\n\n<p>Et que dire des morceaux de bravoure dits par Jacques Weber&nbsp;? Celui qui confie n\u2019\u00eatre rien en dehors de la sc\u00e8ne et \u00eatre tout lorsqu\u2019il est dans la lumi\u00e8re donne au texte des moments d\u2019\u00e9motion intense. La sc\u00e8ne du balcon devient un passage suspendu pour le spectateur qui \u00e9coute et se laisse porter la beaut\u00e9 des mots et de leur fa\u00e7on d\u2019\u00eatre dits. On est loin du surjeu mais plut\u00f4t dans une diction d\u2019une fluidit\u00e9 impressionnante o\u00f9 chaque terme prend son sens. Il en va de m\u00eame avec la mort de Cyrano. Sans pleurer ou en rajouter, Jacques Weber les incarne avec une acceptation de son sort, une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 magnifique qui rend le texte encore plus vibrant. Plusieurs passages laissent ainsi le spectateur sans voix, transport\u00e9 par l\u2019essence m\u00eame du texte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab Cyrano \u2013 R\u00eaver, rire, passer<\/strong> <strong>\u00bb est une travers\u00e9e du texte de \u00ab&nbsp;Cyrano de Bergerac&nbsp;\u00bb port\u00e9 par deux com\u00e9diens passionn\u00e9s. A voir pour les amoureux des mots et du texte de \u00ab&nbsp;Cyrano&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Jacques Weber<\/p>\n\n\n\n<p>Jos\u00e9-Antonio Pereira<\/p>\n\n\n\n<p>Mise en sc\u00e8ne : Christine Weber et Jos\u00e9-Antonio Pereira<\/p>\n\n\n\n<p>Adaptation de Cyrano d&#8217;Edmond Rostand : Christine Weber<\/p>\n\n\n\n<p>Costumes : Michel Dussarat<\/p>\n\n\n\n<p>Son : Bernard Vallery<\/p>\n\n\n\n<p>Lumi\u00e8re : Thibault Vincent<\/p>\n\n\n\n<p>Vid\u00e9o : Nathalie Cabrol assist\u00e9e de J\u00e9r\u00e9my Secco<\/p>\n\n\n\n<p>Sc\u00e9nographie : Emmanuelle Favre assist\u00e9e de Pauline Stern.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>OU ?<\/strong> Au Th\u00e9\u00e2tre la P\u00e9pini\u00e8re 7 Rue Louis le Grand<\/p>\n\n\n\n<p>75002 Paris<\/p>\n\n\n\n<p><strong>QUAND ?<\/strong> Du 29 janvier au 29 mars 2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>DUR\u00c9E<\/strong> : 1h20<\/p>\n\n\n\n<p><strong>TARIFS<\/strong> : de 12\u20ac \u00e0 49\u20ac<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/theatrelapepiniere.com\/jacques_weber_rever_rire_passer.html\">https:\/\/theatrelapepiniere.com\/jacques_weber_rever_rire_passer.html<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis le 29 janvier, la P\u00e9pini\u00e8re accueille \u00ab&nbsp;Cyrano \u2013 R\u00eaver, rire, passer \u00bb, un voyage \u00e0 travers le texte de \u00ab&nbsp;Cyrano de Bergerac&nbsp;\u00bb d\u2019Edmond Rostand avec Jacques Weber et Jos\u00e9-Antonio Pereira. 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