{"id":454,"date":"2026-02-18T12:35:50","date_gmt":"2026-02-18T11:35:50","guid":{"rendered":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/?p=454"},"modified":"2026-02-18T16:04:14","modified_gmt":"2026-02-18T15:04:14","slug":"la-zone-indigo-au-theatre-des-beliers-parisiens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/2026\/02\/18\/la-zone-indigo-au-theatre-des-beliers-parisiens\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0La Zone indigo \u00bb au Th\u00e9\u00e2tre des B\u00e9liers parisiens"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"667\" height=\"1001\" src=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/indigo-TDBW-presse.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-455\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/indigo-TDBW-presse.jpeg 667w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/indigo-TDBW-presse-200x300.jpeg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 667px) 100vw, 667px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Depuis le 30 janvier, le th\u00e9\u00e2tre des B\u00e9liers parisiens accueille \u00ab\u00a0La Zone indigo\u00a0\u00bb, le nouveau spectacle de Melody Mourey. Apr\u00e8s le succ\u00e8s de \u00ab\u00a0Big Mother\u00a0\u00bb qui triomphe encore dans le m\u00eame th\u00e9\u00e2tre, l\u2019autrice metteuse en sc\u00e8ne retrouve le genre de la dystopie pour le plus grand plaisir des spectateurs parisiens.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans une France gouvern\u00e9e par l\u2019Extr\u00eame droite, Cl\u00e9o Marson, bioacousticienne, d\u00e9couvre avant tout le monde l\u2019arriv\u00e9e imminente d\u2019un tsunami mais personne ne prend en compte son t\u00e9moignage. Elle se fait licencier pour avoir divulgu\u00e9 des informations pouvant faire tourner l\u2019ordre mon\u00e9taire mondial. On revient alors avec elle dans le pass\u00e9 afin de comprendre comment on en est arriv\u00e9 l\u00e0\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Qui dit pi\u00e8ce de Melody Mourey dit rythme effr\u00e9n\u00e9, com\u00e9diens jouant plusieurs r\u00f4les en un temps record, r\u00e9cits \u00e0 tiroirs, tension permanente\u2026 On a la sensation d\u2019\u00eatre devant une s\u00e9rie addictive plut\u00f4t que d\u2019\u00eatre au th\u00e9\u00e2tre. Apr\u00e8s \u00ab\u00a0Les crapauds fous\u00a0\u00bb qui reprenaient un \u00e9pisode de la Seconde Guerre Mondiale, \u00ab\u00a0La Course des g\u00e9ants\u00a0\u00bb bas\u00e9e sur la conqu\u00eate de l\u2019espace et \u00ab\u00a0Big mother\u00a0\u00bb qui d\u00e9m\u00ealait le th\u00e8me de l\u2019information et de la fake news, l\u2019autrice plonge le spectateur dans un monde dystopique, proche justement de celui de \u00ab\u00a0Big Mother\u00a0\u00bb (auquel elle fait un clin d\u2019\u0153il tr\u00e8s \u00e0 propos), afin de s\u2019int\u00e9resser davantage \u00e0 l\u2019\u00e9cologie, \u00e0 l\u2019intelligence artificielle, aux d\u00e9rives d\u2019un syst\u00e8me autoritaire qui contr\u00f4lerait les naissances, ferait r\u00e9gresser les droits des femmes et emp\u00eacherait les recherches scientifiques. D\u00e8s les premi\u00e8res minutes de la pi\u00e8ce, le public est captiv\u00e9 par ce qui se passe au plateau et cela ne s\u2019arr\u00eatera qu\u2019une fois le rideau tomb\u00e9. L\u2019\u00e9criture de Melody Mourey et la mise en sc\u00e8ne tiennent le spectateur en haleine. Les \u00e9v\u00e9nements s\u2019encha\u00eenent avec beaucoup de fluidit\u00e9. Les enjeux se m\u00ealent et s\u2019entrem\u00ealent. Ainsi, on se laisse captiver par les actions des personnages et on voit d\u00e9filer une soci\u00e9t\u00e9, pas si loin de la n\u00f4tre, qui se r\u00e9v\u00e8le des plus dangereuses pour notre libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand plus rien ne fonctionne dans une soci\u00e9t\u00e9 qui ne croit plus en la politique et qui ne retient pas les le\u00e7ons de l\u2019histoire, quels choix reste-il pour la population ? L\u2019attrait du changement est-il plus fort que celui de la conservation des droits des individus ? Comment accepter les d\u00e9rives d\u2019un peuple qui suit le plus grand nombre sous pr\u00e9texte que c\u2019est l\u2019ordre qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli ? Comment se rebeller face \u00e0 un pouvoir abusif qui attaque jusqu\u2019aux libert\u00e9s les plus individuelles, comme celle de faire un enfant ou pas, de se marier ou pas ? Tous nos choix sont-ils politiques ? Quelle part reste-t-il de l\u2019esprit critique et des avanc\u00e9es scientifiques dans ce genre de situation ? Comment les recherches scientifiques et l\u2019IA peuvent devenir des dangers pour toute une soci\u00e9t\u00e9 ? Tant de questions pos\u00e9es par cette pi\u00e8ce qui d\u00e9nonce sans juger, qui interroge sans moraliser. En effet, la force de Melody Mourey est de mettre la lumi\u00e8re sur les failles d\u2019un process, de fa\u00e7on pol\u00e9mique mais jamais moralisatrice. C\u2019est peut-\u00eatre cela aussi, la zone indigo : un espace qui permet d\u2019alerter pour mieux faire r\u00e9fl\u00e9chir. Et c\u2019est tout ce que l\u2019on aime au th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e9nographie joue sur plusieurs \u00e9crans qui figurent les lieux travers\u00e9s par les personnages : la maison de Cl\u00e9o, le laboratoire de First Contact, la route\u2026 Ces projections s\u2019animent quand la narration le n\u00e9cessite. Cela permet aussi de montrer les applications invent\u00e9es pour le r\u00e9cit, comme l\u2019IA Styx (nom parfaitement choisi rappelant le fleuve des Enfers dans la mythologie grecque qui permet un pont entre les morts et les vivants). Quelques \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9cors se retrouvent sur la sc\u00e8ne comme un canap\u00e9, un comptoir\u2026 Tout est boug\u00e9 par les com\u00e9diens en m\u00eame temps qu\u2019ils changent de costume et donc de personnage, un peu comme une danse. La musique accompagne l&#8217;aspect haletant de l&#8217;histoire. Par ailleurs, des chor\u00e9graphies sont ajout\u00e9es pour insister sur l\u2019aspect r\u00e9p\u00e9titif de certaines actions, comme pour mimer l\u2019engrenage dans lequel tombent les personnages. Cela peut d\u00e9router au d\u00e9part mais on comprend vite le sens qui y est donn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les personnages sont tr\u00e8s bien incarn\u00e9s. Ariane Brousse est \u00e9blouissante dans son r\u00f4le de Cl\u00e9o, port\u00e9e \u00e0 la fois par sa volont\u00e9 de faire vivre la science au service de l\u2019humain et sa r\u00e9bellion face \u00e0 une situation qu\u2019elle ne tol\u00e8re pas. Elle porte litt\u00e9ralement l\u2019\u00e9quipe avec elle et cela fonctionne parfaitement. Gros coup de c\u0153ur \u00e9galement pour Lara Tavella avec son personnage de Blue, adolescente aux m\u00e8ches bleues, perdue dans une soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019elle ne cautionne pas et en proie aux difficult\u00e9s d\u2019une jeune femme dans un monde totalitaire. Elle apporte son regard innocent face aux choix effectu\u00e9s par les adultes. Marie Montoya incarne Annie, la s\u0153ur de Cl\u00e9o, infirmi\u00e8re mari\u00e9e \u00e0 un homme violent. Initialement conformiste, elle ose se rebeller pour ses convictions, contre celui qu\u2019elle aime. Azad Boutella donne vie \u00e0 Sahel, scientifique brillant, investi dans ses recherches, qui se laisse tenter par les promesses d\u2019un avenir meilleur. Guillaume Ducreux et Olivier Faliez nous convainquent par leurs personnages de scientifique bris\u00e9 par le deuil ou de membre du gouvernement un peu perdu dans ce qu\u2019il ne maitrise pas.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab La Zone indigo \u00bb est une pi\u00e8ce engag\u00e9e, qui am\u00e8ne le spectateur \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir, qui l\u2019emporte litt\u00e9ralement dans une tension constante, \u00e0 la mani\u00e8re des meilleures s\u00e9ries. Un th\u00e9\u00e2tre visuel, rythm\u00e9, intelligent. C\u2019est \u00e0 nouveau une r\u00e9ussite de la part de M\u00e9lody Mourey qui prouve, une fois de plus, qu\u2019il faudra compter sur elle dans les ann\u00e9es \u00e0 venir. &nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Audrey C<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Autrice et mise en sc\u00e8ne : M\u00e9lody Mourey, <em>Les Crapauds Fous \u2022 La Course des G\u00e9ants \u2022 Big Mother<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Avec\u00a0 : Azad Boutella, Ariane Brousse, Guillaume Ducreux, Olivier Faliez, Marie Montoya, Lara Tavella<\/p>\n\n\n\n<p>Musiques : Simon Meuret<br>Vid\u00e9os : \u00c9douard Granero<br>Sc\u00e9nographie : Olivier Prost<br>Lumi\u00e8res : Arthur Gauvin<br>Costumes : B\u00e9reng\u00e8re Roland<\/p>\n\n\n\n<p><strong>O\u00d9<\/strong> ? Au th\u00e9\u00e2tre des B\u00e9liers parisiens\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><strong>QUAND ?<\/strong> Du 30 janvier au 29 mars 2026\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><strong>DUR\u00c9E<\/strong> : 1h40\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><strong>TARIFS<\/strong> : 40\u20ac\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis le 30 janvier, le th\u00e9\u00e2tre des B\u00e9liers parisiens accueille \u00ab\u00a0La Zone indigo\u00a0\u00bb, le nouveau spectacle de Melody Mourey. 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