{"id":329,"date":"2025-10-28T10:18:43","date_gmt":"2025-10-28T09:18:43","guid":{"rendered":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/?p=329"},"modified":"2025-10-28T10:18:44","modified_gmt":"2025-10-28T09:18:44","slug":"la-corde-au-studio-marigny","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/2025\/10\/28\/la-corde-au-studio-marigny\/","title":{"rendered":"\u00ab La Corde \u00bb au Studio Marigny"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"683\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/LaCorde-affiche-DEFINITIVE-683x1024-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-330\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/LaCorde-affiche-DEFINITIVE-683x1024-1.jpeg 683w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/LaCorde-affiche-DEFINITIVE-683x1024-1-200x300.jpeg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Depuis le 24 septembre, le Studio Marigny accueille \u00ab&nbsp;La Corde&nbsp;\u00bb, une adaptation de la pi\u00e8ce \u00ab&nbsp;Rope&nbsp;\u00bb de Patrick Hamilton par Lilou Fogli et Julien Lambroschini, mise en sc\u00e8ne par Guy-Pierre Couleau. Ce huis clos s\u2019installe \u00e0 Paris jusqu\u2019\u00e0 fin d\u00e9cembre pour notre plus grand plaisir.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A la veille de leur d\u00e9m\u00e9nagement, Louis et Gabriel accueillent chez eux Antoine, leur ancien camarade d\u2019\u00e9cole, qu\u2019ils d\u00e9cident de tuer, sans aucune raison, en faisant le crime parfait. Apr\u00e8s y \u00eatre parvenus, ils le cachent dans un coffre qui servira de table pour un diner auquel ils ont convi\u00e9 Marie, la fianc\u00e9e d\u2019Antoine, Francis, leur voisin, Mme de Roquemaurel, la m\u00e8re de Louis, et Emile, leur ancien professeur de philosophie. Au fil des discussions, l\u2019absence d\u2019Antoine cr\u00e9e un trouble parmi les invit\u00e9s et Emile commence \u00e0 se poser des questions\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si le meurtre d\u2019Antoine a lieu d\u00e8s les premi\u00e8res minutes de la pi\u00e8ce, le spectateur va tr\u00e8s rapidement se prendre au jeu de la soir\u00e9e organis\u00e9e par les deux protagonistes, Louis et Gabriel. On se retrouve un peu dans leur peau puisque la pr\u00e9sence du corps d\u2019Antoine dans la malle en compagnie des invit\u00e9s devient vite une source de d\u00e9lices. En effet, \u00e0 travers certaines phrases qui pourraient les trahir, certaines questions pos\u00e9es, le public s\u2019interroge sur la possibilit\u00e9 qu\u2019ils remarquent quelque chose. Comment peut-on oser faire la f\u00eate \u00e0 l\u2019endroit m\u00eame o\u00f9 un meurtre a \u00e9t\u00e9 commis de sang froid&nbsp;? Les diff\u00e9rents indices laiss\u00e9s apparents ne permettront-ils pas de confondre les assassins&nbsp;? Quelle noirceur se cache dans ce couple de jeunes intellectuels pour ne pas parler devant la d\u00e9tresse de Marie qui s\u2019inqui\u00e8te de l\u2019absence de son futur \u00e9poux&nbsp;? L\u2019un des convives plus avis\u00e9 ne va-t-il pas tout comprendre&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectateur se r\u00e9jouit de voir l\u2019action avancer, les r\u00e9pliques fuser et les indices se d\u00e9voiler alors que les verres s&#8217;entrechoquent. Les personnages sont parfaitement pr\u00e9sent\u00e9s et on se retrouve un peu dans une histoire \u00e0 la Agatha Christie o\u00f9 chaque caract\u00e8re pr\u00e9sent a son importance. On est surpris devant le machiav\u00e9lisme de Louis, beaucoup plus fier de son action que son compagnon Gabriel qui montre quelques signes de faiblesse. On est touch\u00e9 par l\u2019angoisse de Marie qui n\u2019a aucun moyen pour r\u00e9ussir \u00e0 contacter Antoine. On rit devant Mme de Roquemaurel qui admire son fils d\u2019un amour inconditionnel, tout en repoussant son compagnon. On adore Francis, le voisin un peu paum\u00e9, qui ne comprend pas trop ce qu\u2019il fait l\u00e0. On se sent proche d\u2019Emile, l\u2019ancien professeur ayant servi en Alg\u00e9rie, qui glane des indices au fil de l\u2019histoire. Ainsi, les personnages se laissent prendre au jeu d\u2019une soir\u00e9e macabre dont ils sont le jouet. Ils en viennent m\u00eame \u00e0 faire semblant d\u2019\u00eatre des enqu\u00eateurs, cr\u00e9ant un effet de mise en abyme particuli\u00e8rement savoureux.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si cette pi\u00e8ce est un huis clos et qu\u2019elle se passe dans un appartement pr\u00eat pour un d\u00e9m\u00e9nagement, la mise en sc\u00e8ne est particuli\u00e8rement bien pens\u00e9e. Des voilages blancs permettent de mettre le voile justement sur la situation, cr\u00e9ant des moments de discussion entre les deux meurtriers ou mettant une distance entre le public et les personnages pour cacher certaines actions. Une attention est port\u00e9e sur la salle o\u00f9 se trouve le t\u00e9l\u00e9phone&nbsp;: bien que cach\u00e9e du public, elle a son importance puisqu\u2019elle fait \u00e9voluer l\u2019action pour Marie et qu\u2019elle permet aux autres personnages, en l\u2019absence de celle-ci, d\u2019imaginer la situation du jeu de l\u2019enqu\u00eate du faux meurtre. Tout cela est particuli\u00e8rement bien mis en avant par les lumi\u00e8res et les musiques. Par son aspect imposant, le coffre apporte toute une dramaturgie \u00e0 l\u2019objet, servant \u00e0 la fois de buffet aux invit\u00e9s que de cercueil. Le spectateur ne peut \u00f4ter cela de son esprit une minute et cela fonctionne vraiment bien. On aime \u00e9galement les costumes qui nous plongent dans le Paris \u00e9l\u00e9gant des ann\u00e9es 50, ce qui conf\u00e8re une certaine gravit\u00e9 \u00e0 l\u2019action.<\/p>\n\n\n\n<p>Et pourtant, on rit beaucoup. En effet, l\u2019incongruit\u00e9 de la situation, l\u2019horreur de la complicit\u00e9 du public avec les deux meurtriers cr\u00e9ent une connivence qui met le spectateur dans une double situation&nbsp;: on aimerait presque qu\u2019ils ne se fassent pas prendre et, en m\u00eame temps, on se d\u00e9lecte de voir appara\u00eetre des indices confondants. Les dialogues sont bien \u00e9crits et nous plongent v\u00e9ritablement dans l\u2019action jusqu\u2019au bout.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;La Corde&nbsp;\u00bb est une pi\u00e8ce mordante, haletante et dr\u00f4le, servie par une \u00e9quipe de com\u00e9diens parfaite pour le r\u00e9cit. Il n\u2019y aucun doute que cette com\u00e9die saura conqu\u00e9rir le public qui en ressort ravi. Un vrai bon moment de th\u00e9\u00e2tre. &nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Audrey C.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre \u201cRope\u201d de Patrick Hamilton<\/p>\n\n\n\n<p>Adaptation : Lilou Fogli et Julien Lambroschini<\/p>\n\n\n\n<p>Mise en sc\u00e8ne : Guy-Pierre Couleau<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Myriam Boyer, Lucie Boujenah, Audran Cattin, Gr\u00e9gori Derang\u00e8re, Martin Karmann et Thomas Ribi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Assistante mise en sc\u00e8ne : Anne Poirier-Busson<\/p>\n\n\n\n<p>Sc\u00e9nographie \/ Costumes : Delphine Brouard<\/p>\n\n\n\n<p>Cr\u00e9ation lumi\u00e8res : Laurent Schneegans<\/p>\n\n\n\n<p>Musique : David Parienti<\/p>\n\n\n\n<p>OU ? Au Studio Marigny, carr\u00e9 Marigny, 75008 Paris<\/p>\n\n\n\n<p>QUAND ? Jusqu\u2019au 28 d\u00e9cembre 2025<\/p>\n\n\n\n<p>DUR\u00c9E : 1h30<\/p>\n\n\n\n<p>TARIFS : de 18\u20ac \u00e0 50\u20ac<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatremarigny.fr\/evenement\/la-corde\">https:\/\/www.theatremarigny.fr\/evenement\/la-corde<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis le 24 septembre, le Studio Marigny accueille \u00ab&nbsp;La Corde&nbsp;\u00bb, une adaptation de la pi\u00e8ce \u00ab&nbsp;Rope&nbsp;\u00bb de Patrick Hamilton par Lilou Fogli et Julien Lambroschini, mise en sc\u00e8ne par Guy-Pierre Couleau. 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