{"id":310,"date":"2025-10-25T10:25:54","date_gmt":"2025-10-25T08:25:54","guid":{"rendered":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/?p=310"},"modified":"2025-12-27T21:10:36","modified_gmt":"2025-12-27T20:10:36","slug":"freedom-club-au-theatre-juliette-recamier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/2025\/10\/25\/freedom-club-au-theatre-juliette-recamier\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Freedom Club \u00bb au Th\u00e9\u00e2tre Juliette R\u00e9camier"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"819\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/501576088_18358011574145601_2308948450954032272_n-819x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-311\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/501576088_18358011574145601_2308948450954032272_n-819x1024.jpeg 819w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/501576088_18358011574145601_2308948450954032272_n-240x300.jpeg 240w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/501576088_18358011574145601_2308948450954032272_n-768x960.jpeg 768w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/501576088_18358011574145601_2308948450954032272_n-1229x1536.jpeg 1229w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/501576088_18358011574145601_2308948450954032272_n.jpeg 1350w\" sizes=\"auto, (max-width: 819px) 100vw, 819px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Depuis le 19 octobre, le Th\u00e9\u00e2tre Juliette R\u00e9camier accueille \u00ab&nbsp;Freedom Club \u00bb, la nouvelle pi\u00e8ce de Nicolas Le Bricquir. Apr\u00e8s le succ\u00e8s de \u00ab&nbsp;Denali&nbsp;\u00bb qui triomphe encore au m\u00eame th\u00e9\u00e2tre (voir notre chronique&nbsp;: <a href=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/2025\/09\/14\/denali-au-theatre-juliette-recamier\/\">https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/2025\/09\/14\/denali-au-theatre-juliette-recamier\/<\/a>),&nbsp; on \u00e9tait impatient de d\u00e9couvrir ce que nous pr\u00e9parait l\u2019auteur et metteur en sc\u00e8ne.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire commence \u00ab\u00a0in medias res\u00a0\u00bb, comme on dit en litt\u00e9rature, c\u2019est-\u00e0-dire que l\u2019action a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9marr\u00e9 avant le lever du rideau. Sonia arrive bless\u00e9e dans un entrep\u00f4t et d\u00e9couvre \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision les images de l\u2019attentat symbolique auquel elle vient de participer avec ses amis\u00a0: d\u00e9verser de la mati\u00e8re f\u00e9cale sur Elon Musk en pleine visite aupr\u00e8s du pr\u00e9sident Macron. Tr\u00e8s vite, tout va s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer\u00a0: son ami Jean arrive avec un homme, Matthieu, qu\u2019il a pris en otage\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Si \u00ab&nbsp;Denali&nbsp;\u00bb \u00e9tait bas\u00e9e sur des faits r\u00e9els, avec \u00ab&nbsp;Freedom Club&nbsp;\u00bb, Nicolas Le Bricquir se lance dans le domaine de la dystopie. Certains comparent m\u00eame cette pi\u00e8ce \u00e0 un \u00e9pisode de \u00ab&nbsp;Black Mirror&nbsp;\u00bb qui deviendrait vivant. Et tous les ingr\u00e9dients en sont pr\u00e9sents&nbsp;: une situation qui pourrait \u00eatre r\u00e9elle avec la pr\u00e9sence de grands hommes de notre monde dans la ville de Paris et une avanc\u00e9e des technologies qui semble tout \u00e0 fait plausible. Le spectateur est plac\u00e9 en tension d\u00e8s les premi\u00e8res minutes de la pi\u00e8ce. Il d\u00e9couvre ce qui s\u2019est pass\u00e9 avant au fur et \u00e0 mesure de l\u2019action, \u00e0 la fois gr\u00e2ce aux \u00e9changes entre les personnages mais aussi gr\u00e2ce aux journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s. On ne peut que saluer l\u2019utilisation des \u00e9crans de t\u00e9l\u00e9vision (ceux des ann\u00e9es 90) au plateau&nbsp;: tourn\u00e9s vers les com\u00e9diens, le public ne les voit qu\u2019\u00e0 un moment strat\u00e9gique de l\u2019action et ne peut donc qu\u2019entendre les \u00e9v\u00e9nements qui sont cont\u00e9s. Cela apporte une part d\u2019imagination particuli\u00e8rement int\u00e9ressante mais aussi de frustration. L\u2019\u00eatre humain, fascin\u00e9 par les \u00e9crans, s\u2019en voit priv\u00e9 d\u2019un coup alors qu\u2019il en obtient le contenu sonore. L\u2019action des membres du Freedom Club n\u2019en appara\u00eet que plus poignante puisque l\u2019on conna\u00eet la force de l\u2019imagination, toujours plus puissante que de simples images. Le spectateur devient un peu acteur de la situation, cherchant \u00e0 imbriquer ce puzzle d\u2019informations afin de bien comprendre le propos. Et \u00e7a fonctionne. Si des rires fusent parfois dans la salle, c\u2019est justement parce que le public imagine parfaitement ce qu\u2019il entend. On est happ\u00e9 par le r\u00e9cit. Nicolas Le Bricquir joue avec la posture du spectateur pour l\u2019impliquer directement dans des faits qui pourraient le concerner. C\u2019est brillant.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans trop en d\u00e9voiler pour ne pas g\u00e2cher la surprise, le public retrouve des \u00e9l\u00e9ments visuels qu\u2019il avait aim\u00e9s dans \u00ab&nbsp;Denali&nbsp;\u00bb avec l\u2019utilisation des \u00e9crans en transparence pour figurer un laboratoire. Chaque passage est amen\u00e9 par des effets de lumi\u00e8re stroboscopique qui ancrent le spectateur dans le r\u00e9cit, le laissant quelques secondes ensuite dans le noir, cr\u00e9ant une sorte de malaise. En effet, ce recours au changement de d\u00e9cor revient plusieurs fois mais surprend tout de m\u00eame le public qui se retrouve syst\u00e9matiquement \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un plot twist inqui\u00e9tant. Cela a un effet de pause dans la narration, remettant \u00e0 nouveau le spectateur en tension, lui donnant le temps de s\u2019interroger sur ce qui va se passer, sur les diff\u00e9rents enjeux qui seront pos\u00e9s. Ainsi Nicolas Le Bricquir emploie la technologie \u00e0 bon escient pour faire entrer le public dans son histoire, tout en critiquant son utilisation par celle-ci (un peu comme M\u00e9lody Mourey dans \u00ab&nbsp;Big Mother&nbsp;\u00bb). On se dit qu\u2019il va falloir compter sur cet auteur dans les ann\u00e9es \u00e0 venir pour nous bousculer dans nos habitudes th\u00e9\u00e2trales et venir nous chercher avec beaucoup d\u2019intelligence et de r\u00e9flexion. Donnant un aspect cin\u00e9matographique \u00e0 son r\u00e9cit (la musique y ajoutant une tension nouvelle), il s\u2019amuse avec le spectateur pour mieux passer des messages. Un bon moyen de faire venir les jeunes g\u00e9n\u00e9rations dans les salles de spectacle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les com\u00e9diens incarnent leur r\u00f4le avec beaucoup de passion. On les suit tous avec d\u2019int\u00e9r\u00eat\u00a0: on est fascin\u00e9 par la passion et la d\u00e9termination de Sonia, amus\u00e9 par l\u2019attitude de Matthieu, intrigu\u00e9 par la fougue de Jean et admiratif du calme de Laure. Ce huis clos nous a un peu fait penser aux \u00ab\u00a0Justes\u00a0\u00bb d\u2019Albert Camus par son urgence et la puissance de ses personnages. Ceux-ci sont le reflet d\u2019une jeunesse qui pense, r\u00e9fl\u00e9chit, se r\u00e9volte, ne se laisse pas diriger par la soci\u00e9t\u00e9, une jeunesse remplie d\u2019id\u00e9aux et de justice, une jeunesse qui a foi en la force de l\u2019humanit\u00e9. A travers ces caract\u00e8res, on d\u00e9couvre une envie de r\u00e9agir face \u00e0 un monde qui tourne trop mal et qui court \u00e0 sa perte, de fa\u00e7on quasi in\u00e9luctable. On suit cette course contre la montre (dont l\u2019horloge qui d\u00e9file rappelle la s\u00e9rie \u00ab\u00a024 heures chrono\u00a0\u00bb) avec l\u2019angoisse d\u2019une fatalit\u00e9 digne des trag\u00e9dies grecques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Freedom Club\u00bb est une pi\u00e8ce bouleversante qui vous tiendra en haleine \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un bon thriller. &nbsp;Elle bousculera les passionn\u00e9s de th\u00e9\u00e2tre par son inventivit\u00e9 et son propos. Un chef d\u2019\u0153uvre \u00e0 d\u00e9couvrir d\u2019urgence.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Audrey C.<\/p>\n\n\n\n<p>De et par&nbsp;: NICOLAS&nbsp;LE BRICQUIR<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Salom\u00e9 Ayache, Lou Guyot, Ahmed Hammadi-Chassin, Mathis Sonzogni&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Production : Jean-Marc Dumontet<\/p>\n\n\n\n<p>Assistante \u00e0 la mise en sc\u00e8ne : Charlotte Levy<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9cors\/sc\u00e9nographie : Henri Leutner<\/p>\n\n\n\n<p>Musique : Emmanuel Jessua<\/p>\n\n\n\n<p>Lumi\u00e8res : Thomas Cany<\/p>\n\n\n\n<p>Costumi\u00e8re : Claire Schwartz&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>OU ? Au th\u00e9\u00e2tre Juliette Recamier<\/p>\n\n\n\n<p>QUAND ? Jusqu\u2019au 28 d\u00e9cembre 2025<\/p>\n\n\n\n<p>TARIFS : de 23\u20ac \u00e0 54\u20ac<\/p>\n\n\n\n<p>DUR\u00c9E : 1h30<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-th-tre-juliette-r-camier wp-block-embed-th-tre-juliette-r-camier\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"xtmcoOeaxa\"><a href=\"https:\/\/theatrejulietterecamier.fr\/freedom-club\/\">FREEDOM CLUB<\/a><\/blockquote><iframe loading=\"lazy\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; visibility: hidden;\" title=\"\u00ab\u00a0FREEDOM CLUB\u00a0\u00bb &#8212; Th\u00e9\u00e2tre Juliette R\u00e9camier\" src=\"https:\/\/theatrejulietterecamier.fr\/freedom-club\/embed\/#?secret=eIWLJB9eRO#?secret=xtmcoOeaxa\" data-secret=\"xtmcoOeaxa\" width=\"600\" height=\"338\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis le 19 octobre, le Th\u00e9\u00e2tre Juliette R\u00e9camier accueille \u00ab&nbsp;Freedom Club \u00bb, la nouvelle pi\u00e8ce de Nicolas Le Bricquir. 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