{"id":28,"date":"2025-02-13T20:03:33","date_gmt":"2025-02-13T19:03:33","guid":{"rendered":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/?p=28"},"modified":"2025-10-26T11:10:50","modified_gmt":"2025-10-26T10:10:50","slug":"orgueil-et-prejuges-ou-presque-au-theatre-saint-georges","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/index.php\/2025\/02\/13\/orgueil-et-prejuges-ou-presque-au-theatre-saint-georges\/","title":{"rendered":"\u00a0\u00ab\u00a0Orgueil et pr\u00e9jug\u00e9s\u2026 ou presque\u00a0! \u00bb au Th\u00e9\u00e2tre Saint Georges\u00a0"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"683\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/orgueilprejugespresque-1-683x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-30\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/orgueilprejugespresque-1-683x1024.jpg 683w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/orgueilprejugespresque-1-200x300.jpg 200w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/orgueilprejugespresque-1-768x1152.jpg 768w, https:\/\/fauteuildorchestre.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/orgueilprejugespresque-1.jpg 850w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Depuis le 24 janvier, le Th\u00e9\u00e2tre Saint Georges accueille \u00ab\u00a0Orgueil et pr\u00e9jug\u00e9s\u2026 ou presque\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0\u00a0\u00bb, l\u2019adaptation moderne du roman de Jane Austen avec cinq com\u00e9diennes au plateau et une musicienne. Si cette \u0153uvre a connu plusieurs versions,\u00a0\u00a0notamment au cin\u00e9ma, cette vision th\u00e9\u00e2trale ne pourra que surprendre et r\u00e9jouir.\u00a0Elle a d&#8217;ailleurs obtenu un nomination aux Moli\u00e8res 2025 dans la cat\u00e9gorie Spectacle Musical ainsi que 2 Troph\u00e9es de la Com\u00e9die Musicale 2025 : Artiste Interpr\u00e8te f\u00e9minine (Emmanuelle BOUGEROL) et Second r\u00f4le f\u00e9minin (Agn\u00e8s Pat\u2019)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire se passe au XIXe si\u00e8cle. Mrs Bennett cherche \u00e0 faire marier ses cinq filles. Lorsque le riche Mr Bingley s\u2019installe non loin de chez elles et organise un bal, elle met tous ses espoirs en sa fille Jane qui tombe en effet sous le charme du jeune homme. De son c\u00f4t\u00e9, Elizabeth rencontre Mr Darcy, l\u2019ami de Mr Bingley, qui aussit\u00f4t l\u2019agace par son attitude froide\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>A travers cette pi\u00e8ce, Virginie HOCQ et Jean-Marc VICTOR jouent sur un d\u00e9calage entre l\u2019histoire et la juste dose d\u2019anachronismes qui permet au spectateur d\u2019\u00eatre surpris. En effet, le spectacle commence par un num\u00e9ro chant\u00e9 de toutes les actrices avec leur guitariste et met en lumi\u00e8re celles auxquelles on ne donne pas la parole dans les romans du XIXe si\u00e8cle&nbsp;: les domestiques. Et pourtant, on sait \u00e0 quel point leur pr\u00e9sence est au c\u0153ur des intrigues qui s\u2019y d\u00e9roulent. Ainsi, le r\u00e9cit sera tant\u00f4t celui des femmes et des hommes de la bonne soci\u00e9t\u00e9 que celui de leurs servantes qui observent tout cela d\u2019un \u0153il amus\u00e9. Celles-ci n\u2019h\u00e9siteront pas \u00e0 donner leur point de vue, avec le recul du XXIe si\u00e8cle, afin de montrer la fa\u00e7on dont la soci\u00e9t\u00e9 a chang\u00e9 depuis.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Autre tour de force de cette version&nbsp;: la pr\u00e9sence de cinq femmes au plateau. Ensemble,&nbsp;&nbsp;elles vont interpr\u00e9ter tous les r\u00f4les, par des changements de tenue, que ce soit pour jouer des femmes de la haute soci\u00e9t\u00e9, des servantes ou m\u00eame des hommes. On est \u00e9bloui par la facilit\u00e9 avec laquelle elles passent d\u2019une \u00e9motion \u00e0 l\u2019autre, avec toujours cette pointe d\u2019autod\u00e9rision qui rend la pi\u00e8ce si vivante. On rit devant le flegme de Mr Darcy, on s\u2019amuse face au s\u00e9ducteur Wickham, on aime la force f\u00e9ministe d\u2019Elizabeth, on s\u2019esclaffe avec Mrs Bennett. Chaque personnage a sa personnalit\u00e9 qui est particuli\u00e8rement bien interpr\u00e9t\u00e9e par les com\u00e9diennes, celles-ci apportant toute leur \u00e9nergie et leur dynamisme pour les incarner. On y croit et on a envie de les suivre. Le spectateur se retrouve dans un tourbillon de personnages plus vrais que nature.<\/p>\n\n\n\n<p>La musique joue un r\u00f4le tr\u00e8s important dans cette mise en sc\u00e8ne. La pr\u00e9sence d\u2019une guitariste chanteuse, en plus des cinq com\u00e9diennes qui chantent de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re dans la pi\u00e8ce, est un v\u00e9ritable atout. Plac\u00e9e sur un c\u00f4t\u00e9 de la sc\u00e8ne, pr\u00e8s du public, elle ponctue les diff\u00e9rents \u00e9pisodes, accompagne les diff\u00e9rents passages. Cela anime parfaitement la pi\u00e8ce. Les titres interpr\u00e9t\u00e9s vont de \u00ab&nbsp;All by myself&nbsp;\u00bb \u00e0 \u00ab&nbsp;Fuck you&nbsp;\u00bb en passant par \u00ab&nbsp;A kind of magic&nbsp;\u00bb dans des versions aux paroles r\u00e9arrang\u00e9es \u00e0 l\u2019histoire. On est v\u00e9ritablement dans du th\u00e9\u00e2tre musical o\u00f9 chaque morceau fait avancer le r\u00e9cit gr\u00e2ce notamment \u00e0 l\u2019utilisation anachronique du karaok\u00e9 dans le bal. Les chansons choisies apportent du rythme et de l\u2019\u00e9nergie au r\u00e9cit. On est loin de la vision acad\u00e9mique d\u2019un roman du XIXe si\u00e8cle et \u00e7a fonctionne v\u00e9ritablement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire met en lumi\u00e8re une soci\u00e9t\u00e9 en prise aux pr\u00e9jug\u00e9s de classe. Dans cette adaptation, on met en avant les dysfonctionnements d\u2019un monde qui enferme les femmes dans un carcan o\u00f9 elles ne peuvent pas vivre libres. Chacune des filles Bennett repr\u00e9sente une part de la soci\u00e9t\u00e9&nbsp;: Elizabeth observe la situation avec le recul d\u2019une femme intelligente qui r\u00e9fl\u00e9chit sur ce qui l\u2019entoure, Jane se montre plus fleur bleue, Lydia est la jeune fille fougueuse \u00e9prise de libert\u00e9, Georgiana est celle que l\u2019on cache un peu pour lui \u00e9viter les moqueries, Kitty est plus sage. Mrs Bennet repr\u00e9sente ces femmes du XIXe si\u00e8cle oblig\u00e9es de tenir une maison face aux obligations et sans aucun r\u00e9el droit.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette mise en sc\u00e8ne fait \u00e9galement un clin d\u2019\u0153il \u00e0 l\u2019amour sous toutes ses formes avec Charlotte, la meilleure amie de Jane, \u00e9prise de celle-ci. C\u2019est subtil mais c\u2019est bien amen\u00e9 et cela apporte du poids sur la critique d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l\u2019on devait entrer dans un moule pour les apparences, le mariage \u00e9tant la seule finalit\u00e9 d\u2019une femme pour conserver ses biens.<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne de Johanna BOY\u00c9 est particuli\u00e8rement dynamique. Elle utilise pleinement le th\u00e9\u00e2tre, que ce soit par des arriv\u00e9es des personnages dans le public, la pr\u00e9sence de la guitariste dans une loge et l\u2019espace du plateau bien partag\u00e9. Avec quelques d\u00e9cors (une m\u00e9ridienne, un fond noir avec un micro, un lustre, un balai\u2026), des costumes permettant habilement de distinguer les diff\u00e9rentes classes sociales, le spectateur est plong\u00e9 dans un univers diff\u00e9rent, entre l\u2019Angleterre de Jane Austen et la France de 2025. Les lumi\u00e8res apportent \u00e9galement leur touche de magie. Le public se retrouve transport\u00e9 ailleurs. On adore notamment la petite sc\u00e8ne de karaok\u00e9, l\u2019escalier dont descend Wickham, les voiles en fond de sc\u00e8ne qui cachent certains personnages comme Collins.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Orgueil et pr\u00e9jug\u00e9s\u2026 ou presque&nbsp;! \u00bb est une pi\u00e8ce joyeuse, brillante et intelligente, servie par des actrices et une musicienne formidables. Une adaptation \u00e0 voir et \u00e0 revoir&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Audrey C.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Titre original : <\/strong>\u00ab Pride and Prejudice (sort of) \u00bb<strong>\u2028De : <\/strong>Isobel MCARTHUR<strong>\u2028<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Librement adapt\u00e9 du roman de <\/strong>Jane AUSTEN \u00ab Orgueil et Pr\u00e9jug\u00e9s \u00bb<strong>\u2028<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Adaptation fran\u00e7aise : <\/strong>Virginie HOCQ et Jean-Marc VICTOR<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mise en sc\u00e8ne : <\/strong>Johanna BOY\u00c9 (assist\u00e9e de St\u00e9phanie FROELIGER)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avec : <\/strong>Emmanuelle BOUGEROL, Lucie BRUNET, C\u00e9line ESPERIN, Rachel ARDITI ou\u00a0Magali\u2028 GENOUD, Agn\u00e8s PAT\u2019, et Melody LINHART (en alternance avec Caroline CALEN)\u00a0\u00e0 la guitare.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sc\u00e9nographie : <\/strong>Caroline MEXME\u2028<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lumi\u00e8res : <\/strong>Cyril MANETTA<strong>\u2028<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Costumes : <\/strong>Marion REBMANN<strong>\u2028<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Perruques : <\/strong>Julie POULAIN<strong>\u2028<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Musique : <\/strong>Mehdi BOURAYOU<strong>\u2028<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Chor\u00e9graphies :<\/strong> Johan NUS<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dur\u00e9e<\/strong> : 1h30<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quand ?<\/strong> : Jusqu&#8217;au 3 janvier 2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>O\u00f9<\/strong> : Au Th\u00e9\u00e2tre Saint Georges<\/p>\n\n\n\n<p>51 Rue Saint-Georges 75009 Paris<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tarifs<\/strong> : de 27\u20ac \u00e0 56\u20ac<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Chronique publi\u00e9e sur La rue du bac le 13\/02\/2025<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis le 24 janvier, le Th\u00e9\u00e2tre Saint Georges accueille \u00ab\u00a0Orgueil et pr\u00e9jug\u00e9s\u2026 ou presque\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0\u00a0\u00bb, l\u2019adaptation moderne du roman de Jane Austen avec cinq com\u00e9diennes au plateau et une musicienne. 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